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Inédits

 

 

Tout est toujours art et… inventé 

à l’âme - à tiers

 

 
Des draps sèchent dans l’appentis.
Un tabouret  tangue, bancal.
La clé grince en serrure froide.
Ce sourire à peine esquissé…
alors qu’on eut voulu crier !
Un drap de soie, comme un drapeau
dérisoire, au-dessus d’un champ
de ruines / décor / des corps
blessés, agonisants ou morts.
Le tabouret bascule, il laisse
en vain battre l’air de ses pieds
le pendu – qui l’a repoussé.
Une clé, sans étui ni poche,
est au sol, rouillée, inutile ;
il suffirait qu’un doigt la prenne –
enfin, un doigt… Disons : trois-quatre.

 

 

 ill jlmi

 

Le corps du poème en terre est,
entre la mémoire et l’armoire.
On pourrait le couvrir d’un drap ;
même jauni, même taché…
mais, ils sont en haut de l’armoire,
et celle-là est verrouillée !
Que diriez-vous d’un tabouret,
ou tout au moins d’un pied de biche
pour arriver aux / attraper
ces / draps en hauteur enfer-
més ?
*

ill. jmc

 

 
 
Le rêve : un Monde ouvert
accessible à tous
                  un Univers approprié
sans a priori ni priorités –
ces unis vers vivables
                  Restent à inventer…
 
 
***
 

Le soufflé tabou  

 

 
Le souffle / la colonne d’air /
doux s’échappe l’air – olé – PAIX ! *
 
Le souffle évacue la moindre scorie
du corpus : le sang, l’urine, là crie
mal – hélas – hue, heurts !
 
Il s’enraye, parfois, crachote,
bruine en postillons, baille ou bée ;

 

@

 

tas qui carde i, cahin-caha :
du premier babil au dernier soupir.
 
Le souffle souffreteux sursaute.
Il tressaute, trisse ou s’altère.
Le souffle s’essouffle – il s’étouffe !
 
En apnée, sous cape,
époumone… Le souffle ahane.  
 
* d’où s’échappent les rots, les pets 
 
***
 
Il est puant, prurit, putride ;
hilare – ose ou se décompose.
Inaudible ou intelligible.
 
Il zigzague entre deux épaules /
pôles opposés / deux flancs – puis
il flanche ou repart – souffle rit.
 
Le souffle pousse l’être
– on choit. Plus il s’é-
lève…
moins t’es maître !

 

@

 

Le souffle sait – vante – éventé,
il se reprend, retient, libère,
chuinte, couine, choit en corps.
 
Et sa bourrasque nous traverse
de part en part, de fond en comble,
de hotte en bar – hue, soûl : flots perds !
 
Aspire, empire, inspiré –
spire. Transpire…
ex pire ?

 

@ illustrations de jmc :"Volute de fumée jaune-orange dans un ciel froid gris-bleu" et son négatif

****

 

Pouvoir arroser la mêlée !
                                                        aux emmerdeurs  

 

Etre un goéland
au-dessus de
l’âme ailée
- et chier dessus !
 
Risible cerise sur le gâte-sauce,
queue-rise, oui ! car, sous la queue
du goéland, ça fui-fuite, et il aime à
blanchir / et non à roser / tout ce qu’il survole,
sans crier gare ! ni timber ! ni chaud devant !
sur-plombant les salauds, politiciens
véreux, journalistes zaux zordres
(zozos !), PDG cyniques et
repus, juges et flics bour-
reaux, militaires tortionnaires,
intégristes intégraux…
le goéland se contente
de chier dessus.
 
Ah, pouvoir
être un goéland,
prendre de l’altitude et
CHIER DESSUS !

 

 

***

 

Moins d’Etat et plus de Liban

 

i. m. Proudhon  

 

Afghanes                                                                                                                                photo jlmi  

 

 

   Et les Tali-

bans bandent mou

« - Faut lapider,

faut trucider,

martyriser… »

pour espérer

voir se dresser

leur petit bout ?

 

Et les Tali-

bans, de dieu fous,

haïssent l’homme,

lapident femmes,

restent entre eux,

bubons barbus,

n’aiment que poils…

rougis – au poêle ?

 

Les laids Tali-

bans, au nom du

pervers de gris,

pervers de terre,

appliquent, lâches,

la charia

qui les cadavres

charrie – HA !

 

A bas les Ta-

tas… les bandits !

Leur doctrine est

alambiquée :

l’état… Liban…

guerres civiles…

« à la » con – Sont

bêtes si viles !

 

Attila, bande

de sous-incultes,

était hun / con-

traint, fut vaincu /

et non le con-

seiller d’un (t)Sar…

En résumé :

ni dieu ni maître !

 

*****

L’orti-sculpteur

 

   Croyant ainsi trouver, avec certitude, « chaussure à son pied », elle avait épousé un cordonnier. Il sentait fort la colle et avait le cuir tanné. Elle était encore jeune. Innocente. Olfactive. Epidermique.

   Mais, elle déchanta bien tôt, se rendant compte que certains proverbes, sans être d’une rigueur scientifique inébranlable, peuvent, parfois, se vérifier. Ainsi, pour elle, aucun doute : « Les cordonniers sont (toujours) les plus mal chaussés ! »

   Après seulement quelques mois, la pauvre enfant traînait des pieds.

Sans en rien dire à son mari (à qui, pensa-t-elle, cela ferait les pieds !), Madame prit un amant. Mais pas n’importe lequel : un horticulteur. Il avait su l’émouvoir en jurant que, avec lui, elle aurait – garanti sur facture – « les doigts de pieds en bouquet de violettes » plus souvent qu’à son tour.

   Or, beau parleur, il craignait le mari (son meilleur ami) qui l’épiait. Il fit donc, assez vite, le sourd orteil… Elle, de son côté, le voyant se faner à vue d’œil, ne couchait plus avec son Vincent Bon (pseudonyme que s’était choisi lui-même, et non sans finesse, le fleuriste) que pour faire une fleur à cet [ascète] horticulteur…

  

Les 10 fils d'Harry Hahn ( ou l'art dévoilé du cocon) illustr. jmc 

   A peine un an s’était écoulé qu’elle finit par se lacet de son cordonnier de mari, qui, bien qu’il fut en outre serrurier, avait, depuis belle lurette, perdu la clé pour ouvrir à sa Dame les portes du Paradis… Bref : ils divorcèrent, ne faisant plus la paire, pieds et chaussures dépareillés.

 

   Aujourd’hui, après moult décevantes aventures « à ras des pâquerettes », toujours soucieuse de ses plantes et de ses orteils, Marguerite (appelons-la ainsi, par commodité) se marie en secondes noces avec M. Thomas Laisse, pédicure. Elle l’a bien en mains, Laisse. D’ailleurs, Thomas va (cette fois, c’est promis, juré !) lui assurer au débotté un pied géant à chacune de leurs parties de jambes en l’air : TL / ML – et vice-versa.

   Ce qui tombe à pic, car, après un passage avide, cette croqueuse d’hommes at home, comme elle aime à se qualifier, a Laisse dans la peau. Et lui, fétichiste sur les bords, ah… Laisse Thomas  – dans les talons ! (aiguilles)

 

***** 

 

 
 
L'alignement
 
 
Aimez anse, êtres…
                                             
I

                                                                               aux archéologues, demain tenant

Le temps, grain après grain,
sablier géant, fort secoué dans
la tempête, ensevelit tout :
du plus petit au plus grand.
 
Impitoyable envers
les archéologues du futur proche qui,
armés de leur seule infinie
patience / mélange de courage
et d’abnégation / ne re-
trouveront de nos chagrins (ou grains)
qu’un bout d’os – maxillaire ou fée mûre –
une esquille à ronger
ou, d’une poire, que
le pépin desséché de notre
Amour ; l’ombre /
qu’une lettre, qu’un
A cahin-caha
qu’un 1, qu’Inca
dont ils feront grand cas
ou non…
 
Car là  ne trouveront
que le A penché, coulant et croulant
d’un Alphabet perdu, inconnu, in-
déchiffrable…
 
Petit A majuscule,
      tas de sable
A hissé
de la fin / du début
d’un rébus illisible
sans but
ridicule /
 
Souhaitons aux éminents
chercheurs, perdus en con-
jectures,
bien du plaisir !
                                                                

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Otto Trou homme de boue  
( statue-menhir   Tavera   Corse)
illustration de JMC

 

 

 

Homme – eh, zancêtres !

 

II 

                                                                    [Entre Tigre et Euphrate (à là, pis… nous)]
 
Vous viviez, il n’y a pas moins
d’un million d’années, voire deux
Homme – eh, zancêtres !
Vous erriez d’oasis en monts, de
vaux en vallées, nomades, avalés…
/ Homme – eh, zancêtres /
avalés par le mange-tout,
le mange temps, le mangespace,
homme et zancêtres !
Aujourd’hui des archéologues
péniblement fouillent le sol
où vous vécûtes
/ oh, mais, zancêtres /
Connûtes-vous le subjonctif ?
Fîtes-vous l’amour sans y croire ?
Abritâtes-vous, tel serpent
(homme, eh ! zancêtres…)
en votre sein velu la va-
nité d’être immortels, voire éter-
nels… Homme, eh, zancêtres ?
Vous foulâtes, bien avant nous,
cette terre, imbibée déjà
de votre sang - ô mes aïeux ! -
de votre sang et puis du nôtre,
depuis cent, mille ou deux millions
d’ans que tournicotons en rond
à nous demander d’où venons / Y êtes-vous ? /
et où allons – où mourrons-nous ?
A guerroyer à tour de bras,
géno-tru-cidant sans sourciller,
éperdus de brutalité,
nous creusons un microsillon
dans le giron de notre Terre :
foutu mystère – ô mes ancêtres !
Vous qui ne laissâtes ni peaux,
ni os – ni rien – ni poésie…
 
 
 

Ah, mes ancêtres !

 

III

 

 

De ce qu’on nomme, de nos jours,

paléolithique / à beaucoup près – histoire /

que sait-on ?

 

– de l’ère magdalénienne

pleurant sa madeleine et des traces, tablettes

comme au temps de puzzles à jamais émiettés,

enfouis, éparpillés ou volatilisés…

 

Du peu que nous savons de nous-mêmes, d’hier,

de nos proches ancêtres

 

[n’étant que roturiers sans dynastie ni arbre

généalogique remontant aux croisades]

 

– de sous la roche, là, l’art hochet se décèle :

n’étaient-ils point si las des montures sans selle ?

 

Les animaux rodaient encore,

sauvages, inapprivoisés ;

ça grouillait sous les toiles

de tentes à tous vents

chahutées / chats-huants ?

 

Pas de cahute alors, plus que fétus de paille,

les corps mal enterrés attiraient charognards.

 

La vie, au jour le jour, s’allongeait sur les murs

rocheux, ombre portée, fumée, moins que buée…

 

 

Ô la déesse-mère !

 

                                 * * *

 

Et l’on crevait, c’est sûr, plus souvent qu’à son tour,

pet de travers, en couches…

Bébés, proies des vautours, enjeux de quel vaudou ?

élevés à la dure – ah, survivre

                             à vent /

                                         TOUT…

        

                                 * * *

 

Me voici, descendant de vos trous

d’eaux, marais, encoignures, toun-

dras, steppes ou taïgas…

 

Me voilà, calcinant du manufacturé

tabac, herbe à Nicot, (h)au(t) fourneau culotté !

 

Suis-je-t-il assez niais ? – vouloir remémorer –

ce que n’aie pu connaître, que ne saurais ça-voir…

 

J’étions, avant que d’être, un mort-pion en gésine ;

et serions, certains soirs, quelques os dispersés

………………………………………………………………………...

 

Bah, dans 12 000 ans, des paléontologues

(ère post-nucléaire)

                                                                 scrutant ce qu’il en reste-

ra, verront-ils dans tel vers / ou l’autre /

un épi-

           logue ?

                      – NON, car tous noms s’effacent

                                    – anonyme jet nie ! seul

subsiste l’in    OUI… ?   

 

février 2008 - mai 2009

***** 

 

De 7 à 6, il est moins une !

pour Ludovic Kaspar

et  Pascal Ulrich 

MER  AIR  TERRE

crotte de nez roulée (par quel dieu facétieux ?),  mouchée dans le ciel, à perte d’horizon………………................

TERRE  MER  AIR

téméraire et vain mystère, où tous errent / ou tout serre ; de vague à l’âme en lame de fond, chacun/chacune grain / égrène sa poussière, ballotté/e par ses démons ou …… ……………………...... dopé/e, car « C’est si bon ! » Tous autant / toussotant… pleins d’ambitions, ou  vides d’illusions – c’est du pareil au même / homme, et m… !

AIR  MER  TERRE

sans père (espère, prospère…) ni repères, on s’y perd… Sursitaires sur Cythère. Tout ça taire ? Tous s’atterrent !  se rêvent au 7ème ciel perpétuel ……………………….  Tous os-stères, sûrs-nus- MER-AIR, dégustent une vie entière, jusqu’à leur dernière bière…………………….  6 pieds sous  TERRE… ou bien, cendres éparpillées, s’envolent / s’envoient en l’air, puis retombent, amers, sombrent en mer……………………..........................

 

***

 

In-con-science populaire

                                                    A C. (aux Palestiniens interdits
                                                             de territoires non occupés)

 

La gueule des futurs énarques, des Normaliens ( ?) Super-rieurs ( !)

face à face avec qui les narguent : Robin – sans flèche ou arc – crieurs !

Chômeurs interpellant l’élite (des cons posés) d’une Nation

qui les méprise et périclite en son autosatisfaction ;

sans abri mettant au défi les profs et les cadres en herbe :

« - Sortez des bouquins, des amphis, soyez solidaires, quoi, merde ! »

Or, le presque administrateur, la bientôt Dame patronnesse

éconduisent ces rouspéteurs d’un ton sec, mais non sans finesse…

Et ceux qui n’ont plus rien admirent (à leur cœur défendant) ces chefs

arrogants, qui jamais n’admirent qu’on leur rogne un poil de bénef.

C’est ainsi que les dynasties se perpétuent. Quelques élus

s’empiffrent  - coupant l’appétit de millions, de milliards d’exclus…

Les naïfs demandent : « Pardon, mais ne peut-on vraiment rien faire ? »

La future élite répond : «  Si. Tâchez de passer l’hiver ! 

Nous prendrons la tête d’affaires prospères – avec dévotion,

tandis que vous prierez… »

                                            L’enfer

                                                        n’est pas mieux pavé d’attentions !

 

                                  * * * 

 

     Ose – inaliénable –

     réclame ton , et pas de cadeaux !

                                                         au rêve, à l'utopie, à une Justice Indépendante...

  

   Écrire à profusion pour stopper l'effusion de sang due aux fusions

des Multis – Et vomir, empêché de dormir par ces chefs qui s'admirent

dans des miroirs sans tain : Le Monde est leur butin, clés en main, nos destins

trafiquent, font du fric ! Ils dépècent l'Afrique – en rient, fort euphoriques,
règnent sur l'hémisphère Sud, en hommes d'affaires pressés de satisfaire

leurs besoins immédiats, leur soif d'irrémédia-ble, bénie des médias

(à leurs bottes). Vampires fortifiant leur Empire sur nos os, qu'ils aspirent

jusqu'à la moelle, empilent nos squelettes, s'épilent (atomique) – jouent, pile

ou face, notre sort pour prendre leur essor en usant du ressort,

de l'action... qu'a la cote : Plus l'ouvrier chocotte, au régime biscotte,

plus le PDG biche, s'empiffre de brebis chaudes, sauce gribiche. 

Plus les profits augmentent plus les cartels démentent, attisant la tourmente,

rognant sur les salaires, délocalisant – l'ère est au job ancillaire !

Précarité à court terme, pour tous – la Cour des miracles, décou-

rageante, bout, s'agite : Par millions les sans gîte et sans couverts cogitent,

s'associent, se regroupent, projettent vos déroutes : Pinault, printemps redoute !

Les exclus – mille excuses –  ré-écrivent « J'accuse !» sans avoir lu Bocuse

ou Zola (c'est tout comme)... S'improvisant Dir. Com. chacun revendique, homme,

le Droit inaliénable, face aux repus, notables... Droit de vivre – impensable

audace ! – et de pouvoir, rassasiés, debout, voire logés, soignés... d'avoir

accès aux bénéfices (vi-a leurs sacrifices) des méga-édifices

élevés sur leur dos - chair à canon, tas d'os - leur Droit : pas un « CADEAU » !

 

 

***

 

« Nos vœux les plus sincères ! »

                                                     

                                                     à un moment ou à un autre

                                                     quelque part et même ailleurs

 

Qu’y a-t-il de commun entre

une chaudière hors d’haleine

& un rétroviseur vandalisé ?

 

Bonne question.

Déçus : des sous !

Mauvaise pioche.

 

Au moins autant (sinon plus)

qu’entre une sciatique

& une gastro-entérite,

une chienne enrhumée

& une double tendinite,

un déménagement privé

& une pendaison publique,

un appel SOS long / os court

& un bel après-midi vert d’hiver…

 

Un peu comme

des faits divers avariés,

« le changement dans la continuité »

ou « la rupture tranquille » :

des oxymores bien emballés,

une fraction de seconde

entre 2008

&     2009…

 

Le temps d’un vote :

on en reste sans voix,

jusqu’à la prochaine chaîne,

jusqu’à la prochaine fois…

 

Vos nœuds les plus sains serrent !

 

Vide – peigne culs

ou

vie de peign’ zizi ?

 

 
***
 
Vieille ire
                                                        au pastis « 51 »
 
Vieillir, c’est renoncer : 3 poils sur le caillou,
bandant mou, âge noue… hou ! hou !
 
Vieillir, c’est se savoir dé-fi-ni-ti-ve-ment
con / damné ! dents jaunies, déchaussées,
pauvre pomme, ridée… eh ! eh !
 
Vieillir, c’est ressasser 1 passé dépassé,
le dos en marmelade ; c’est aller (c’est taler /
s’étaler), sans trop d’allant, à petits pas comptés,
vers la mort qui s’ennuie au fin fond de sa nuit…
hi ! hi ! réclame 1 camarade / 2 jeux,
1 compagnon, une offrande, 1 otage…
pour jouer aux osselets zou échecs, à marelle,
pour payer son tribut, être 2 son côté, enfin,
pour rire en elle – car la mort est le but... uh, hu !
 
Elle piaffe, impatiente, insatiable…
Quoi de plus nature elle ?
 
Vieillir, c’est se laisser rogner le bec, les ongles,
lâcher la proie pour l’ombre,
faire des concessions au néant qui grappille
une seconde ici ou 1 court ré-cit là ;
ah, ah !
 
Vieillir – ô mécréant – c’est se mettre à dos l’art
du paraître, avant que disparaître, après un bref
crochet par l’arthrose et la sinistrose, par l’arthrite
et lard qui sait frite ou par l’artériosclérose…
 
Etant donné qu’en fin de vie tout n’est point rose,
et seule mort OSE ! 
 
[20/08/2008, texte pagaie où jeu rame… à contre-drame ?
- après une nuit à suer, ronfler, cauchemarder]
 

 ***

Soupault serpente en silence            illustrations de l'auteur

Ecrasé par deux ombres gigantesques, déformées à outrance.

Ecrasé par de sombres méga lots, trop gonflés pour ne pas prendre toute la place : l’AB *, devenu Pape et le pré LA **, resté fidèle au « mentir vrai » du réalisme socialiste, serre yeux comme… un pape !

Ecrasé, vraiment ? – Non : mal placé dans les ordres tant alphabétique que canonique, Soupault serpente en silence. Fantôme parmi ombres et zombies.

Sssssssss…

* André Breton et ** Louis Aragon furent, avec Soupault, les premiers surréalistes. Dès 1917, tous trois se lient avec Apollinaire. Ensemble, ils créent la revue Littérature (1919). Soupault impulse et écrit l’essentiel des champs magnétiques (1920), premier livre surréaliste (co-auteur : Breton [manière de démontrer que, moi aussi, je peux utiliser les méthodes qu’emploient celles et ceux visés dans ces pages !]).

Tous ses poèmes, et ceux de Blake, de Lautréamont, de Rimbaud, d’Apollinaire, de Cendrars, de Reverdy… de beaucoup d’autres, tous les poèmes s’agitent, sifflent, s’insinuent, ont du souffle.

Ces poèmes envahissent ses yeux immenses, comme autant de larmes qui n’en finiraient pas de ne pas sécher, comme autant de blessures qui refuseraient de cicatriser.                                        

MAIS ses poèmes sont AUSSI de grands éclats de rire qu’il vous suffit de lire pour les dégoupiller : ils font rire les enfants, les poètes de 17 ans, les généreux, voire les généraux, les bouchers et les vitriers, les mémères à chien-chiens comme les pin up, et même les curés – à l’exception des gourous d’obédience post néo-surréaliste.

Ils se dressent. Poèmes. Ils agressent les doctes docteurs ès lettres.

BeAu triangle A-B (ou : deux sots – mais… sans base !)

Ils reptent, ils progressent parmi les théories brrr ! tonnantes et autres préciosités aragoniennes.

Poèmes soûls – peaux de serpent, ils instillent un cordial poison réparateur dans les rouages trafiqués des histoires littéraires trop bien calibrées.   

Cent de Sud soûl (poème)

« Sous-poèmes », longtemps méprisés – et leur auteur tour à tour envié, trahi, volé, vilipendé – tout cela suit son cours, déborde du lit surréel au carré, grossit le fleuve de la vie véritablement vélo-saute-homme-à-tics, galope à Dada sur le dos de la mer pour en extraire tout le suc : c’est un vrai plaisir –

un régal, un bonheur – ses poèmes (ce n’est que justice) souffrent la comparaison avec ceux qui les ont, un bref instant, éclipsés ; ils s’ouvrent à vous, lecteurs/auditrices/lectrices/auditeurs, se donnent… comme rarement poèmes se sont donnés !

Ils s’en donnent à cœur joie – et le « raté », leur auteur n’a plus lieu de se sentir écrasé par ses ex partenaires de lit(térature), qui ont tiré toute la couverture médiatique à eux :

« La lumière ne se fait que sur les tombes » Ferré ? – voici notre ami Soupault regonflé, A Bloc ! la loi du silence brisée, et A., B., loques, pléiadisés *** :

le fantôme de mon compain Philippe vient les chatouiller – aux pieds ! /  couchés ! –  le fantôme, léger, se tient debout.

  Ecrasez ! **** 

 

*** Soupault, à l’œuvre tant qualitativement que quantitativement importante,  est le seul écrivain de sa génération introuvable sur papier-bible. On trouve Aragon, Artaud, Bataille, Breton, Char, Cocteau, Desnos, Eluard, Gracq, Leiris, Michaux, Ponge, Prévert, Queneau… mais – allez savoir pourquoi ? – a été escamoté le co-fondateur d’un des mouvements artistiques les plus importants de l’Histoire de l’Art, HA ! Exit l’auteur du Nègre, le découvreur de Dubout, Ionesco, Lurçat… le grand reporter, le poète de Georgia et de Message de l’île déserte… l’ami de Max Ernst, Gide, Hikmet, Joyce, Larbaud, H. Mann, Masson, Pessoa, Proust, Williams… Sans parler du résistant – comme bien peu le furent – torturé par les sbires de Vichy.

Doit-on déplorer cette absence dans le catalogue Gallimard, section Pléiade ? Il me paraît préférable de nous en réjouir !

**** Je vise ici précisément tous ceux qui – biographes partiaux, héritiers incultes, historiens de l’art et cochons sans manières, thuriféraires de tel ou telle – de mauvaise foi, se laissent aller à perpétuer les mensonges et autres travestissements hagiographiques au profit de leurs idoles, lA. B.êtise en tête !

Bibliographie choisie : 

·        Philippe Soupault par H.-J. Dupuy, Seghers, Poètes d’aujourd’hui,1957

·        Vingt mille et un jour, entretiens avec Serge Fauchereau, Belfond, 1980

·        Qui êtes-vous, Philippe Soupault ? Bernard Morlino, la manufacture, 1987

·        Soupault voyageur magnétique par S. Fauchereau, Cercle d’art, 1989

·        Philippe Soupault, le surréalisme et quelques amis, catalogue d’exposition-vente, Ader, Musée du Montparnasse, 2007

 

*** 

 

Se laisser pénétrer par l'après (histoire)

(& leçon de philo quotidienne n°3872 bis)

                                                     à Jean-Louis Millet

 

Ne rien faire. Ne pas être. Ou à peine. Sans fonction. Souffle qui

passe.  Chaud.  Froid.  Se fondre.  Saison.  Au gré du soleil.  Doux.

D'août.  Faire corps.  Rien.  Faire corps avec le décor cosmique.....

 

S'enfouir. Sans foncer. Fonder la paresse, allégé. La légitimer. Que

rien ne paraisse. Hors mode.  A contre-courant.  Au fil de l'eau. Ne

rien. Ni fer ni terre. Ni faire ni taire. Etre sans con-naître. N'avoir

 

Pas.   Plus.   D'ambition.  Glisser dans le végétal. V égéter.  Se griser

d'anima.   Libre.  Bête auto-domptée.    Sans désir,   espoir,   naïveté

vanité,   but,   illusion,   paraître...  rien d'autre que l'orgueil étouffé

 

une bonne fois,  pour toute(s) f oi(s).   En veilleuse.   En Art - mot nie.

Ni croire ni douter. Ne. Né. Ne rien. Diffère. Riant fer mais, enfermé

dans le cercle vertueux  de l'exercice spirituel.    Pur esprit.    Volant.

 

Planant.   Courant der.   Inclus dans le cycle.   Hop !    Cercle vis-cieux

Sir',  cul,  l'air d'en avoir deux.   Ne pas ETRE  méga  giga  gigot  LOT

Rien.   Affaire inerte.  Pro-tôt-type de l'anticapitaliste, pacifiste, anti

 

consumériste.    Cool.    Zen.    Fingers in the nose.    Doigts de pieds en 

éventail.  En bouquet de violettes.   Décontracté du gland.   Protozoaire.

Prime ère.    A peine,    être / ah,    pénètre... moi,   de tous tes atomes !

                                                                                        août 2008

 

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Sale à fiche (mal)

 

 

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Mé-faits d’armes

 

L’arbalète a donné l’arbre à lettres.

Le mot canon, on ne sait trop pourquoi, s’adjectivant, qualifie une pépé bien roulée (selon les… canons de la beauté en vigueur) qui dit 33, 22 ou 69, selon qu’elle s’adresse à un armurier ou à son docteur (nombre égal), qu’elle ré-clame la peau lisse (à corps et à cris), ou qu’elle préfère une tout autre position à l’imposition des mains…

La sarbacane a de fortes chances de bientôt pouvoir prétendre faire la pige aux arbres à came.

Le revolver est un drôle de pistolet.

La grosse Bertha a décidé  de suivre un régime amincissant, car, à l’instar du battement d’ailes d’un papillon, lorsque cette baleine terrestre expectore, le séisme ainsi déclenché est tel qu’il ferait passer les barrissements d’un éléphant atteint d’épilepsie dans un magasin de porcelaines pour des éternuements de mouche aphone au beau milieu d’un opéra de Wagner.

Le lance-Pierre s’ennuie. Il n’en peut plus d’attendre qu’un lauréat du concours Lépine daigne se pencher sur son désarroi et, ingénieur génial, voire même simplement ingénieux, qu’il trouve enfin le moyen qui permettra à coup sûr de lancer des Jacques, des Paul et Je-T’ai.

Le tomahawk se languissait de son propriétaire décimé ou confiné tel un dernier Mohican en un lieu de sauvegarde de l’espèce appelé « réserve ». Si le génocide des « Indiens d’Amérique » (sic) n’est hélas ! pas réversible, que les mannes de leurs ancêtres se consolent : le tomahawk a été sauvé de justesse de l’oubli grâce à la diligence (ah, ah) des généreux Généraux US qui ont eu la lumineuse idée de baptiser ainsi un missile sol-air capable de vous scalper non plus un seul minable crâne mais tout un territoire plus sûrement que les ultra-violets solaires sont à même de violer par tous les trous la couche d’ozone de notre vieille boule planétaire…

Il n’est pas jusque l’automobile qui, détournée de sa fonction première, se révèle une arme efficace, voire – utilisée à bonnet sciant – carrément meurtrière. Mais, si on affuble ce cercueil à roulettes du patronyme d’un grand peintre : Picasso (pour ne pas le nommer), alors, la désincarcération prend tout son sens, le style accidenté de l’œuvre Guernica est enfin décrypté… et ça devient du GRAND ART !

 jmc  2008

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L'Etoile

 

 

jmc 2008                                                                                                                                            illustrations de l'auteur

 

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Mort raté(e)                 Mords, athée !

                   [à vous                                  a-voue]

Devenir                                                     D’eux venir

S’extraire                                                  Sexe traire

A la matière                                              A lame, à tiers

S’arracher                au        néant             S’art hacher

            Erroné            Héros né            Erre au nez     

A la barbe du vieux *                               A venir pour mieux

                               y         revenir

Et moisir                                                   Emois, ires…

 

* ce Lui que des générations de naïfs appelèrent « dieu » et (n’ayant d’yeux

    que pour eux-mêmes) firent à leur image : assoupirepus-vieuxbarbugâteux

© texte et dessins jmc - inédits - 2008

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

toutes illustrations jlmi & Thomas M. 

 

FTP, FTP
 
                                                        réponse à un ami !

Fais Tout Pour

et rien contre
FTP, FTP
Franc-Tireur Partisan
 
Fustig' le Tout-People
Frein' le Tsar éPuisant
FTP, FTP
Fais obsTacle au Puits sans
Fond des Tyrans : Poubelle !
 
FTP, FTP
Fais Tes Preuves - courage :
Fous Ton Poing, STP,
dans le fion des
Fachos déTrousseurs de Peuple
(et autres "enculés", l'homo-
sapiens me pardonne !)
 
FTP, FTP
Fous la Trouille aux Pleutres
Fielleux Tortionnaires Propresureux
qui Font Tout pour nous Perdre
tant qu'ils peuvent y gagner...
 
FTP, FTP
Foutre - Tromp' - Pète
aux nez de ces merdeux
Fils Transis de Pétain
Fiers des Terreurs Passées !
 
FTP, FTP,
appelle à exister
et donc à
R E S I S T E R

janvier 2008

©  jean-marc couvé - inédit- 2008

 

 

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Mal Kaki qu’est cocu ? 

                                          (à Cathy Garcia)

                                        - Ah, oui, viens, bien profond !…

                                          Dis, tu la sens ma grosse ouverture ?

 

Le gars Sarko,

kif Gynéco,

pour seul écho,

nique ô Las’ caux !

 

Quand, bas du cul,

ce vieux coq – hue !

fait la bascule,

on est tous cu…

                          its, hi, hi, hi  !

 

Il dit « Y a qu’à… »

et défèque, ah !

P’tit Nilocas

est un cas qu’a ! *

 

Le pote exquis

du qui-est-qui **

est un Marquis

fort rikiki.

 

Si France, à quai,

relit Môquet…

sans queue, Mickey

peut pas niquer !

 

* du verbe avoirdesamisriches

** Who is who (in french)

  

@ Métaphore

Essayez donc de faire sécher les nuages

sur les cordes à linge des fils électriques.

lecture jlmi

 

@ Légalité de l’Egalité, ou d’une utopie deux fois utopistes.

 

Quand nous serons tous « égaux » vous verrez qu’il se trouvera

encore des individus pour reluquer (dans) l’assiette de leur voisin,

en soutenant, d’un ton fielleux altéré par l’envie, que s’y trouve

une olive de plus que dans la leur ; ou en affirmant qu’ils ont écopé

du vert filandreux du poireau, tandis que l’affreux voisin, lui, a eu

droit au moelleux blanc de ce légume inégalement savoureux !

 

©  jean-marc couvé - inédit- 2007

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