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jlmi

 

Les Dits d'un Silence

 

 

 

Classement  alpha des titres. Dernier ajout en gris. Cliquer sur le titre pour atteindre le texte.

Ainsi va le monde 2

Art_ifice Visuel

B-Tribute  i.m. Alain Bashung

Chimères

Cracher dans le cœur des roses

Diaporama ou autre

Dreamorama ou autre

Esthétique du Big Bang

Et si...

Insomnie

Ivre, il faut vivre ivre !

Je suis effective

l’Oeil aux gouttes d’ombre

Le pauvre chantre immortel

Les horloges fatiguées

Les Oiseaux Transparents

Les pierres ont peur des chutes d'oiseaux

les ténèbres définitives

Pétro_délire [hy]po[t]_ét[h]ique

Plaintes des graffitis aux murs qui ont mal

Portés disparus

Psychorama holographique

fragments 1

fragments 2

fragments 3

Regarder le noir fait naître la couleur

Si j'...

Sur le Versant de l’Oubli

 

oOoOo

 

autres Vers libres  &  Haïkaï  

vers Bio

vers site zen évasion

 

oOoOo

 

 

Psychorama holographique - fragments III
 
L’homme plus sérieux qu’un cancer dans le ventre d'un monde triste et beau
Les racines de nos vies molles plongées dans le sang des peuples piétinés
Les peuples singuliers frappés d’interdit  
 
ill x
L’incompréhensible terreur semée au nom d’un dieu du livre
Les paroles de sable et d’eau de la propaganda bernaysienne
Les scènes obscènes de l’arène des murènes politiques
L’amphigouri syncréto-mimétique du discours politique asthénique mondialisé
L’info du jour : Christophe Colomb serait mort dans un bordel levatin de Carthagène en mars 1491. Alors, qui a débarqué sur Guanahani en octobre 1492 ?
Le concours d’abjections bancaires ouvert comme toujours 24/24, 7/7
La simiesque insolence des tout frais enrichis en quatre roues motrices de ville
Le voyageur immobile – costumo-cravaté - au volant de son résidu rouillé de Land Rover modèle Daktari dans les rues de Paris
La grande tristesse des solitaires de la nuit, peuple des boîtes à gueule de fêtes des petits matins
Le mensonge implicite des silences explicites
Les ricochets de l’espoir à la surface des choses
Réponse : Partout et nulle part !
Question : Où se trouve le bonheur ?
La face cachée du paramètre de solubilité δ d’Hildebrand
L’envie de vide face à une bouteille pleine
Les géants aux ailes rompues traînant leurs polynévrites dès huit heures du matin, de supérette en supérette, cans de ‘’8.6’’  bien en pogne
Le temps passé – perdu ? -  à fixer les présents à l’ombre des futurs
Les visions des premiers matins du monde
La vision de près disponible avant dix neuf heures
Les grappes grises et mauves de la glycine au dessus de la porte de pierre
Le vertige des grands silences
La lumière bleue des éclairs d’un orage sec sur fond de nuit marine
L’orage enragé acharné sur une terre brûlée  
 
ill x documentaire sur le Kalahari
Le vent, la pluie, la vie toujours à l’esprit
Réponse : La sensation de vivre
Question : le sens de la vie ?
L’allumeur de soleil au milieu de la rue Sans Lune
Le voyage en patinette rouge jusqu’au trottoir d’en face
La flèche jaune d’une perruche poursuivie par un étourneau
Réponse : l’écorché d’un bœuf au mur carrelé de blanc d’une boucherie
Question : la carte du tendre ?
L’odeur d’une peau portée par un désir naissant
La tête toujours pleine de doutes mais la Voie toujours riches de promesses
Réponse :  Â, sô desu ka Takahisa Zeze San ! Oui, merci d’avoir posé la seule vraie question !  pour la réponse on repassera…
Question : quel est le temps le plus long, celui d’avant notre naissance ou celui d’après notre mort ?
L’au-delà du lointain le plus lointain, comme un aveugle
La vision des choses avec les yeux de la pluie
La poussière de ton corps tremblant dans la lumière
L’incandescence avant l’effondrement en cendres

 

 

 

 

 

Psychorama holographique - fragments II

Le décollement d’un rectangle de la surface des choses
Le dessin visqueux d’une coulure de peinture rouge
Les confidences d’une maison endormie
La brûlure acide du vide dans la couleur des pierres
L’odeur d’une sculpture d’os et de dents
L’oxydation hard & soft de la vie à deux
Les chiens de faïence dans l’impatience  de nouveaux échanges de regards
Les cloisons de la nuit dans le temps intérieur
Les emballements incongrus de la machine à exister
Le délire de douleur aboutissant aux journées d’apathie éthylique
Le chant des tambours jusqu’au creux des os
L’extraordinaire plaisir d’un brusque soulagement libératoire et solitaire, façon Buk !
La Voyageuse Immobile aux confins des écrans de Connaissance du Monde, réminiscences de souvenirs charnels
Les si nombreux quelques parts
L’habitude d’interdire le souvenir par des silences inconvenants
L’univers écaillé des vieilles photos de famille aux étals de vide-greniers
L’image obsédante d’un corps sous une dalle de granit
La peau lisse et blanche et les yeux, ses yeux … puis le besoin de dire à quelqu’un  
 
ill. Odilon Redon
Le besoin, parfois, d’essayer de donner un sens à l’inévitable
La découverte humainement impossible d’un plus grave que mourir
La question : Tu es vivant ?
La réponse : Non, j’existe
Le soupçon dévastateur de satisfactions probables des affections neuves
L’évitement, ressource inévitable d’internet
L’insurrection des consciences contre l’ordre cannibale du monde
L’indignation révoltée, ce grain de sable glissé dans la machine
Le sens opposé – pas un autre sens, non, stricto sensu le sens opposé – comme seule réponse à la pensée unique
La réponse : ce que le plus grand nombre trouve normal
La question : la réalité ?
Les ronces tendues dans le chemin par leur envie de chair fraîche
Les dents dans un fruit rouge juteux ; la tache sur le t-shirt blanc ; la tache allant s’élargissant jusqu’à couvrir le paysage d’une cellophane rosée
Les chemins de traverse de Travis & Jane désentravés
L’odeur animale des algues soumises au soleil
Le bleu mémoire couleur de l’inconscient, caresse de la peau entre l’air et l’eau
Le long des veines, des articulations, la moindre chose à moitié cachée
Le mot, nu, sans place pour s’asseoir dans la spirale aux sept couleurs  
 
ill. Odilon Redon
Le clair obscur et l’invisible dans les traits de fusain d’Odilon R.
Question : comment avoir des nuages ?  
Réponse : suffit de penser au vent.
   
 
mis en ligne en mars 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

Psychorama holographique - fragments I
 
La liberté gratuite au-delà des mots
La pluie à mordre pour la résonance des lèvres
La beauté de la forme, beauté de l’informe
La rencontre des corps si longtemps inattendue
La métabolisation des uniformes mités
Les stalles vides des temps de pléthore
Le corps-texte mis en feux fourbus et fourbes
La trace encore increvable des utopies indispensables
Le pouvoir subversif du Bien moribond
Les gens de solitude dans la crasse des rues
 
ill.jlmi
La parole chaleureuse des humbles instruments
Le temps des brasiers source de la lumière de l’avenir
L’aveuglement devant les évidences radicales
Les mots incertains d’une conversation lointaine
Le messager indistinct des ruches de la pensées
La brume sur les hauts-plateaux pluvieux du mensonge
Les images de soi, l’intime, la montrée et l’affichée ; plus les autres…
La sonde précieuse aux plis d’un drap froissé
L’allure insignifiante d’une anecdote, simple bavure du hasard
Le fait accompli de l’instantané photographique
Les coulées lunaires de lumière fade
La femme en nuisette dans son rocking chair sur son balcon, les yeux perdus dans la lumière changeante du jour naissant
Les murmures harassés mêlant la haine à la jouissance
La poupée abandonnée dans l’herbe comme seul indice des enquêteurs  

ill. X

 
L’esprit perdu dans les blancs d’entre les mots, d’entre les lignes, d’entre les années lumières
La valise éventrée des restes du quotidien d’une vie
L’envol du plaisir d’une femme par la fenêtre ouverte puis le fond du silence éclaboussé de rouge
Le satori d’un bonsaï en zazen
L’art d’apprendre sa folie par un étranger de passage
Le souvenir d’avoir croqué des nuages
Les larmes versées sur le cercueil-guillemets
Les nuits dans la tête avant la plongée plume en main dans le champ infini de la page
L’encyclopédie en douze volumes des griefs de toute vie
La matière des voies/voix du rêve dans les gouttes d’étoiles
Les récits du temps du rêve des six cents tribus aborigènes
L’indécision des nuages face à la pluie
Le filet d’eau doucement abstrait par les sables du désert
La femme assise dans la banquette face à moi tirant compulsivement sur le bord de sa jupe
Les visages, tous, virant aux masques
La douleur de l’espoir d’un bonheur
Réponse : dans l’ombre de la lumière
Question : Où est la seule réalité ?

 

 

 

 

 

 

les ténèbres définitives

sculpture sur la courte nouvelle ‘’Trois jours’’ 
de Thomas Bernhard
 
 
 
 
… les premières impressions, le chemin déjà […]
Se faire comprendre est impossible, ça n’existe pas.
Et cela devient naturellement toujours pire et toujours plus fort,
et il n’y a aucun salut ni aucun retour en arrière.
Dans l’obscurité tout devient clair.
         Ce que je préfère c’est être seul
         C’est en fait un état idéal
Ma maison est aussi en réalité, une gigantesque prison.
Au fond je ne voudrais rien d’autre que d’être laissé en paix.
[…] De savoir que tout s’écroule autour de moi
ou que tout devient ou non plus ridicule que ça n’est…
ça n’a pour moi absolument aucun sens,
et ça ne me conduit pas plus loin non plus,
ça ne me conduit surtout pas à moi-même…
[…] Dans le contact des êtres humains
il est aussi très bon d’interrompre brutalement la relation.
[…] et prendre continuellement la mélancolie en comprimé…
[…] Tentative de mettre le doigt sur des objets
qui se dissolvent au moment même où
l’on croit les avoir touchés.
… et si possible, en fermant les yeux,
accélérer la venue des ténèbres
et ne rouvrir les yeux
que lorsqu’on a la certitude d’être
absolument dans les ténèbres,
les ténèbres définitives.

 

oOoOo

Dreamorama ou autre
 
ill. jlmi       Rencontres improbables III ou       ... l'instant unique de l'évaporation de la tête dans l'oreiller...
 
Le rêve en attente jusqu’à l’ivresse  pour vivre sa vie de rêve 
La voie du phénomène vibratoire d’une rue
L’instant unique de l’évaporation de la tête dans l’oreiller
Le deuxième étage du monde comme verroterie du salut
Le suicide comme un raccourci vers l’action révoltée
Les visages noyés de l’intérieur par la fonte des glaces
La solitude juste à portée de la main en train de se tendre
L’odeur de l’interdit comme partie intégrante de l’existence
La vague accepte dans son déferlement la beauté qu’elle ne voit pas
L’enfant de l’orage pas étonné de s’entendre grandir
Les chiens endormis au coin de ma cervelle
La chute vertigineuse dans le tourbillon du Temps
Le délire dément du don non démenti du ‘’Dharma’’ de JK
La profondeur solide de la pierre musicale d’un escalier liquide
La question : est-ce que les chauve-souris… dans les cheveux…
La réponse : si on tourne en rond, on n’arrive jamais
Le cauchemar de tableau noir d’une ardoise dans un bar
L’air cru de froid malgré un feu de pierres noires à l’odeur assoiffante
La question : dis moi ce que tu dois…
La réponse : mon âme contre un peu de liquide
Les spectres en suspens, demande subliminale de laideur
La réponse : Parfois oui. Souvent non !
La question : tout périra y compris les périls…
L’escalier liquide au rivage inégal où l’humain apocalypse
Les échelles volantes pour ambuler dans les heures mortes
La soudaine pulsation désordonnée de l’artère humérale ou du nerf médian – va savoir - à l’antérieur du coude gauche
Le destin fossoyeur de l’intemporalité du temps
Les équinoxes équivoques des soleils de silence
La réponse : en des errances de déshérences urbaines
La question : l’ailleurs …
Le refuge en terre masaï d’Edgar Allan Poë
Le germe de perversion des nuages constructeurs de bateaux
L’empathie d’une grande goulée de blanc gommé
La réponse : du semblable au semblable
La question : d’aujourd’hui à demain…
 
 
texte publié dans ''Documents paradoxaux'' édités par Le Rien Quotidien avril 2011  
mis en ligne en juin 2011

 

 

 

 

 

                                                    Diaporama ou autre…  

 

 
                                      Schiele & Piranèse arrangement photographique jlmi

 

 

L’eau dans ma tête semblable à un sahara de dunes
L’empreinte rouge d’une main d’enfant sur la honte d’un mur-frontière
Le ballon de baudruche jaune face à la poire d’angoisse de l’inquisiteur
L’homme de nulle part nommé par tous Mr Sunshine
La fête itinérante car ce qui est bizarre est agréable : il y aura toujours un printemps
L’empreinte noire d’une main d’homme sur la croupe d’une poney blanc
L’énorme foule impliée dans les romans serrés aux rayons d’une bibliothèque
La larme solitaire lente le long de la joue de l’héroïne
Le rouge du soleil perçu au travers de la paupière close
L’Île aux Poux refuge des immigrés clandestins de l’Oulipo
L’ex-communiste excommuniée par B16 pour immaculée conception
L’inconséquence chimique de celui qui parle fort sans rien dire
Le libre arbitre stochastique d’une rose en papier noir
La farce cosmique des atomes et des jets de lumières, des nébuleuses et des gouttes d’eau
L’empreinte blanche d’une main de femme sur un sari safran
La mort rieuse d’une gravure de José Guadalupe Posada
Le cadavre exquis d’un nu cru d’Egon Schiele dans les escaliers labyrinthes de Giambattista Piranèse
La vision de l’homme étrange sans ses lunettes
La légende du pont d’eau sur la rivière de sable de diatomées
La base continue d’un blues sur une steel guitar Dobro Gibson
L’instant d’éphémère victoire – suicide ? – d’un cancer
Le chant diatonique d’un bushman en jeans et t-shirt à l’effigie du Ché
L’enfant dans une lumière de serre (froide) face aux parois du doute
L’ eau épaissie de froid des pleurs de pierre
La peau fripée d’avoir été trop longtemps mouillée
L’anémie colorée d’une vie dans le miroir de l’incognito
Les mots de l’acier bleu de la plume pourchassés dans un jardin sans souvenir
La naissance des étoiles dans la douleur
Les mauves horizons lointains où penser en bleu-vert le vent vague
Les mots en bouillie sanglotante dans un calme muré de givre
L’arche de buée trouble animée de papillons mordorés
L’ accordeur de silence avec sa carlingue toute froissée
La beauté construite en bleu à l’échafaudage du néant
La vastitude de plaine d’eaux désertes en désert salé
Le pays de pierre et d’eau dans un calme de tuiles mouillées
La peau de la pierre ornée d’un kyste de quartz
La couleur de la couleuvre de basalte au petit matin
Le noir mensonge d’un bleu prophétique en Terre de Feu*
L’irisation bleu et or d’une flaque de fuel sur l’asphalte noir d’une place de parking
Les battements de cils d’un papillon de nuit mordoré
Le plongeon du soleil dans une mer de sel
L’otage de ces doigts étrangers sur son corps
Le tremblotement rougeoyant du filament d’une vieille ampoule
L’ivrogne vert mangeur de dattes d’une légende ottomane
Les battements sourds de la substance vivante de la tristesse
L’empreinte d’une ombre sous un soleil sombre
Les soudards goguenards devant les mains tranchées du poète
Les plantes pionnières accrochées dans les fumeroles à flanc de Soufrière

 

 

 

oOoOo

 

                                                                                                                                                
photo extraite du film de Wim Wenders

 

Je suis effective
 
Sculpture poétique sur les dialogues de The Million dollars Hotel  de Wim Wenders
 
 
La vérité c’est l’explication que la majorité des gens veulent gober. Avec un gramme de merde, ils vous font un soufflet.
Et puis il y a ce truc que tout le monde rêve de ressentir mais qu’on ne ressent vraiment que quand tout est fini.
 
Elle ?
‘’Je ne peux pas mourir, je n’existe pas. Je suis effective’’.
 
Moi ?
Je me souviens de tout. On pouvait voir à travers elle. Je me sentais tout drôle, j’étais plein d’espoir, ça devait se voir, c’était vachement risqué. J’assurai pour créer la confusion.
La lumière vient de l’intérieur. ‘’Look inside’’, ‘’Stay in place’’.
Mon rôle à moi c’était de rester à l’écart. Cette foire aux monstres, il faut savoir ce que c’est.
 
Ses œuvres ?
C’était pas de la peinture, c’était des chansons d’amour pour moi.
 ‘’Comment ça se fait que tu m’aimes tant ? ‘’
‘’ J’en sais rien.’’
 
L’amour ?
Quand quelque chose est sacré, on devrait s’abstenir d’en parler.
Il est les yeux par lesquels nous voyons, il est la lumière de la toile prisonnière.
C’est de la merde capitale, sombre mais toutefois optimiste à un point que tu ne peux même pas imaginer.
 
La chose la plus merveilleuse ?
C’est la clé. Il y a toujours un moyen de passer aux aveux.
Ça c’est comme c’est, sans jamais avoir laissé d’empreintes.
J’ai vu des illusions.
Tout n’est qu’une question de croyance.
 
J’ai toujours eu envie de lire un bouquin, mais comment on choisit lequel ?
C’est le jus de la réalité.
Surtout, stocker ces idées dans ma tête vide.
 
Ça allait être le grand soir. Le monde tournait à une vitesse folle…
‘’…l’air était si humide que les poissons entrent par la porte et sortent par la fenêtre...’’
Je savais que son plan ne marcherait pas mais c’était la plus belle chose qu’on m’ait jamais dite.

 

 

 

oOoOo

 

 

 

 

Insomnie.
Avant de plonger
dans les corridors étroits de l’avenir
la chambre se tait.
Dehors
l’éclat moisi d’un réverbère enlace la nuit
dans l’indifférence sceptique des murs.
De longues ombres à l’odeur violette
traînent sur le trottoir
suivant la pluie,
interminablement,
sans raison apparente pour personne
D’ailleurs, personne n’est plus là pour personne
La vie est le tombeau du rêve.
Cauchemar de détails dans le cauchemar plus vaste
de ce quotidien où plus rien ne fait sens
hors les formules complaisantes, minables, pitoyables
qui se métastasent à grande vitesse
dans les viscères chatoyantes des horloges
Et toi qui te crois bien à l’abri derrière ton cœur insoumis
tu colles les morceaux c’est tout
rien que ce que l’émotion vole à la mémoire
 
Une fois encore au bord du matin
la nuit au sourire corrodé s’est fatiguée la première
 
Sous les arbres, la statue de marbre te sourit
‘’avant que la mort te mortaise à la terre’’
 
Une idée affreuse, hein ?
En général ce sont les meilleurs

épithaphe

 

 

oOoOo

 

 

 

Vallée des Brumes     Chaumont sur Loire 2010    photo jlmi 
 
 
l’œil aux gouttes d’ombre
 

à la Louve Unique

 
 
Des mots.
Des mots tressés.
Depuis ton corps,
c’est le plus beau cadeau que j’ai reçu
 
On ne peut pas effacer ce qui a été dit.
Je ne sais même pas ce qui fut le plus cruel ni comment en parler.
Encore maintenant.
 
Mélancolie de cette  musique poussiéreuse
du vide de la tendresse
toujours prête à sourdre au dialogue de nos ombres mortes
sous une caresse de frissons acides
furieuse et douce, endolorie d’odeurs chatoyantes,
parfums piquants d’orage au goût bleuté
dans l’éclatement d’un sourire
Puisse le puissant désir
au rouge profond enceint de ciel chaud
horrible charade des couronnes d’extase
foutre le camp au-delà de la déception
dans l’en deçà de nos deux vies ou
aux avenirs ébouriffés de nos chimères
Que les vents de solitude te soient très longtemps favorables
car les étoiles exténuées s'abreuvent toujours à la sève des pierres
dans un silence à troubler l’eau claire
des percussions étouffées d’un tambour déchiré
Energies telluriques radicales
majestueuses
des orgues flottantes de nos cathédrales aériennes
immobiles dans le courant lent
et long du temps des pierres.
Nécessité des migrations
plus rien que la lumière de l’œil aux gouttes d’ombre
 

 

oOoOo

 

 

 

Joyce Mansour                  photo de Man Ray vers 1950
 
 
Ivre, il faut vivre ivre !
 
Sculpture poétique sur des poèmes de Joyce Mansour
 
 
Je rame dans l’affreux tintamarre des ivrognes
 
Sur les eaux basses du pur ennui
- Celui qui inventa l’ombre avant la lumière -
Je sème les yeux à tous les vents
Au trou de la serrure de la porte qui n’existe pas
Minuit à perte de vue
Oeillade de la lune sur la soie d’un paysage blanc
 
Entre le cœur et l’éclair
Pénétrer l’avenir par le toit…
Sur des protons épileptiques
Ma chanson roule vers l’exil
La matière informe d’une petite insomnie
Cancer mythique du temps passé
 
Le jour blafard fait les cent pas sur le mur.
Un long doigt de brouillard
Gouaché de parfum
Viens prendre possession de mon suicide
Connaître l’offense de la mort agitée de vers ?
Si les morts pouvaient contempler leurs têtes
                                            après quarante jours de silence…
 
Ivre, il faut vivre ivre !

 

oOoOo

 

 

 

 

 

 

Le pauvre chantre immortel
Sculpture poétique sur les dialogues des Ailes du désir de Wim Wenders
 
 
 
Pour abolir l’éternité
tu butes sur tes couleurs.
Mettre à part les couleurs.
Dans une aquarelle de Paul Klee ?
 
Quand commence le temps ?
Au lieu de savoir, deviner, simplement.
Laisser survenir le lever du bord du monde avec ses propres mots.
Ne plus penser à rien, voir les visages.
Juste voir les visages ; saisir peu de chose.
A l’intérieur des yeux fermés, fermer encore les yeux.
Alors même les pierres se mettent à vivre
dans les taches des premières gouttes de pluie.
 
La belle inconnue d’Albert Camus,
comme le monde, paraît se noyer dans le crépuscule.
des troubles du présent.
C’en est fini du Grand Souffle,
du Va et Vient
de l’épopée de la Paix.
L’Humanité perd son enfance.
Où sont les miens, les obtus ?
Ceux des origines ?
 
Le pauvre chantre immortel
sur le seuil du no man’s land
se serait occupé de moi
mouche enfermée dans l’ambre
sans exiger de droit de passage
entre les lignes du terrain vague
C’est débile d’accord
mais ça aussi c’est débile…
«  Viens, je vais te montrer autre chose »
Pourquoi tes pensées s’égarent-elles ?
Le soir tombe dans ma tête. La peur…
Arrêter ce rêve pas encore rêvé
 
Les rondes, les signes et l’écriture jaillie du cercle…
Seules les flaques du présent frémissent
Seules les traces les plus anciennes mènent plus loin
 
Tu dois trouver seul,
c’est ce qu’il y a de beau !
Marcher et voir. Lever les yeux et devenir le monde.
 
Il était une fois… et donc il sera
pauvre chantre immortel…
car ils auront toujours besoin de toi plus que rien au monde

 

 

oOoOo

 

 

Si j’…

 

Il était assis sur un banc du boulevard Richard Lenoir. A deux pas de la bouche de métro. Plein hiver. Peut-être moins trois moins quatre déjà. Cette nuit, ça allait donner avec le vent qu’il y avait… Pour éviter ce courant d’air, ses jambes devaient être repliées sous le banc car on ne voyait que son pardessus noir col relevé et ses cheveux noirs bien peignés. Ses mains étaient sans doute planquées au fond de ses poches. D’entre les pointes du col, à intervalles réguliers, sortait un petit nuage de buée. A côté de lui, un grand sac plastique de la fnac tout bosselé de son contenu.

 

Je l’ai vu vers dix huit heures en sortant du boulot. J’allais prendre mon métro. J’ai pensé qu’il fallait que son rencart se magne pour qu’ils aillent se mettre au chaud vite fait. Des images de couple en train de prendre un pot dans un bistrot du coin puis enlacé en train de batifoler dans un bon plumard m’ont même traversé l’esprit. Ça m’a fait sourire. Sourire dans cette foule affolée, chose rare qui a la certitude de passer inaperçue. Dans cette meute individualiste forcenée il est tacitement convenu une fois pour toute de faire la gueule. Ça évite les conversations qui feraient perdre un temps précieux (sic). C’est comme ça. Métro, dodo… enfin ça vous connaissez.

Comme d’hab’, le métro était bondé, il a fallu pousser sec pour entrer. Cette odeur bordel ! Une journée de sueurs, de sécrétions organiques, de macérations de fond de calbutes et de pieds dans des chaussures en synthétique et, point d'orgue, d’haleines nauséabondes que la mastication forcenée d’un chewing gum n’arrive pas à masquer. Et puis c’est pas là-dedans qu’on risquerait de prendre froid…

De ma soirée, il n’y a rien à dire. Rien que du classique.

 

Enfin si vous voulez savoir, avant d’aller au pieu, j’avais mis ça sur le papier, un truc fondé sur des chansons que la radio serinait en permanence et le mec en lardos noir sur son banc et la fille qu’il attendait, enfin un kaléïdo-téléscopage en quelque sorte. Si j’vous l’montre c’est bien parce que c’est vous

 

« Cette nuit avait été de si grande attente.
 
Cette nuit là,
je marchai seul le long des rues. Soudain,
elle était apparue à la fenêtre de sa salle de bain...
J’avais attendu longtemps planté là sous l’abri bus.
Elle était sortie de chez elle,
m’avait tendu sa main : « Viens... »
 
Cette nuit là,
son sexe commençait à sauner
lorsqu’elle se redressa
et me dit :
« C’est fini.
Tout est bien.
Désolée,
je n’irai pas plus loin.
Pars.
Maintenant. »
Elle se rhabillait.
J’ai demandé :
« Pourquoi ? Dis, pourquoi ? »
Elle quitta la chambre sans rien ajouter.
Je restai assis sur le lit.
Pétrifié. Stone.
Le monde est stone…
Sur Radio Aligre,
Cat Power venait d’attaquer
‘’Love & Communication’’.
 
Cette nuit là,
je pensais encore à elle
en descendant sa rue ;
là, le court voyage de l’amour mort,
après un bref passage par la tendresse ,
atteignit, rancœur subtile
l’indifférence de l’habitude.
C’était bien...
Dans mon baladeur-ascenseur
sur un thème de Sam Barber,
Accentus
prenait chorus.
 
Maintenant je vis sur la mort.
Où que je regarde il n’y a personne
Je suis toujours entouré d’un espace vide et blanc
et je cherche des réponses
aux lézardes des murs. »*

 

Après, je vous certifie que j’ai super dormi. Se vider la tête comme ça avant, ça évite toutes ces gymnastiques hypnagogiques vous savez, ces trucs qui vont, qui viennent, qui vous sur-veillent et qui vous empêchent de sombrer vite fait dans les bras de la belle Morphée ( Mort-Fée ? Oh ! pardon…)

Quand je m’suis levé, j’ai regardé dehors : ‘’moins huit’’ m’a dit le thermomètre de la fenêtre. Wouh ! Ouh ! Faut se couvrir pour aller bosser j’ai pensé…

Après ? Course contre la montre habituelle pour éviter d’être à la bourre. Mais ça vous connaissez par cœur, non ?

Donc, RER C puis le métro. Toujours la même cohue mais le matin comme ça vous avez hummmm ! toutes les odeurs de tous les déo-choses ou gels-trucs de la création cosmétique dont la télé vous a rabattu les oreilles la veille au soir. Avec un peu de bol, vous pouvez en prime profiter d’un demi sourire chouette-machin ou d’une haleine bidule-extra-fraîîîîche que vous balance la fille contre laquelle vous êtes bien involontairement plaqué par la foule – qui vous roule, vous entraîne… Piaf, non ? -. Le mélange d’odeurs est parfois à gerber mais c’est toujours mieux que le soir, je vous l’accorde.  

   
photo jlmi

 

Quand je suis sorti du métro il y avait des gyros bleus et oranges qui animaient le boulevard et les flics et les pompiers qui descendaient juste de leurs bagnoles.

Et là, je l’ai vu. Sur le banc. Il était allongé en chien-de-fusil, bras croisés. Il avait un futal beige foncé et ses pieds étaient à l’air, pas de pompes, pas de chaussettes. Son sac aussi avait disparu. C'est sauvage une ville la nuit !

Son visage était gris pâle, ses lèvres presque blanches.

Aucune buée ne sortait de sa bouche entrouverte…

 

J’suis resté scotché. Assommé. Tétanisé. Badaud.

Verdict du médecin des pompiers : hypothermie fatale.

 

Alors c’tait pas avec une nana qu’il avait rendez-vous…

Rien dans son allure … sdf !

Quelle merde.

Si j’…

 

*basé sur l’éponyme in Espoir & Horreur du Vide

 

oOoOo

 

 

 
Regarder le noir fait naître la couleur  
 
ill. jlmi
 
Regarder le noir
si intensément labyrinthe.
Voir poindre une infime lumière.
Tout au bout.
De l’autre côté.
Le long du temps qui rêve.
Là où tout s’océanise et déferle
dans le sens des cailloux et des dunes…
 
… fruits du silence, les autres sont-ils vivants ?
Le néant m’emplit la tête.
J’abrite l’éloquence de la folie
dans les trous de l’univers.
 
Je suis Tout.
Je suis Rien.
 
Je suis bien.
 
Ecrire fait naître la couleur

 

 

 

***

 

Les horloges fatiguées *
De / i.m. Xavier Grall                                                               
 
Odeur,
rebelle,
animale, 
de l’amour dans la poésie
des corps mêlés
au sommeil d’orage
Solidarité minérale
aux portes pleines de vents
Interroger les énigmes
de l’âge ultime
de l’âge du délabrement où tout
se lézarde,
s’effrite,
croule,
s’éboule
orgueil affaissé
en dormition au lit clos de la résignation
d’entrailles et d’esprit.
Retrouver le temps des horloges
les écouter confesser leur fatigue de sonner l’âge tombal
les fatals accomplissements des utopies et des chimères
des chevaux éblouis
 
qui ne vont plus à la mer dans l’ombre douce des chemins creux.
 
 
 
 
* Fragments éclatés et remis en (dés)ordre du ‘’Cheval couché’’ de Xavier Grall

***

Esthétique du Big Bang

                                                                                                à Michel Cassé*

 

 

Sans commencement ni fin
 
Vacuité infinie
 
Mais...
car toujours le doute !
 
 
Vacuité kharmique
Vacuité du yin
Vacuité du yang
 
Vacuité semence
 
Vacuité Ci
Vide Là
Tentation solipsiste
       
Or !
                Remise en cause des Codes
 

Le Vide n’est pas Néant,

il n’est pas ‘’icône de l’absence’’

 
                         Il est                Potentiel
 
                                                       Il est                 Champ.
 

Il est musique sidérale des sphères creuses

                Il est évolution géométrique centripète

                Il est au centre de tout Corps

                            Il est Cœur du Tout

 

Potentiel de Big

Potentiel de Bang

 
       
        Espace Temps Matière
Impliés Dépliés
 
                        E=M(elting-pot en )C²(iel)
 
A l’instant d’avant
                  l’Étincelle primordiale
 

Virtualité fourmillante

dans le dédale des au-delà

à jamais pleins & vides à la fois

 

Alors Big Bang !

 

Grand cri de naissance
Un Uni-Vers est né
 
‘’U-topos                U-topie’’
 
Fireworks extrêmes
 
Éjaculas plasmatiques
gorgés d’astres chauds ou froids
de noirs et de lumières
de trous et de pleins

 

Éléments à somme nulle

Tout est délié

Duplicité des symétries de la flore quantique

 

En extension         En contraction

 

Là où il n’y a Rien, il y a Tout

 

et plus avant encore

 

là où il y a Tout, il n’y a Rien.

 

Jamais              Toujours

Ici & Maintenant

 

 

Cela dit autrement

 

Le Vide est Création

 

La Création est Vide  

...

Esthétique du Big Bang

 

«Toute la création est fiction et illusion. La matière est une illusion pour la pensée ; la pensée est une illusion pour l'intuition ; l'intuition est une illusion pour l'idée pure ; l'idée pure est une illusion pour l'être. Dieu est le mensonge suprême.»
[ Fernando Pessoa ] -
Traité de la négation

 

* Michel Cassé est auteur de ‘’Le vide et la création’’    ed Odile Jacob 

 

***

 

Les Oiseaux Transparents
 
 
Homme de nulle part
je ne peux pas être ce
(ceux) que vous croyez
Je trône
dans un cimetière
de vieilles pelles mécaniques.
Je voudrais bien sûr m’en aller
me perdre je ne sais où…
Mais je dois rester
con prêt en cible
au cœur du son des cordes
d’un ring vague. Né rien
dans cette campagne noire
braque de la lueur opaque
d’un soleil lubrique
j’ai reçu une poignée d’étoiles en plein visage
Le beau surgit  alors
 
au ralenti
 
dans la transparence précaire de la fumée
collante de mon réel métissé d’alcools
ce contrepoint obscur de l’amour…
… dont la parole des oiseaux transparents est la source vive.
 
extrait de "Au Pied d'un Stèle de Verre"
 

***

Les pierres ont peur des chutes d'oiseaux

( extrait de Ryoan-ji Blues  )

 
 
Au milieu du sanctuaire
par une nuit de pleine lune,
le Bouddha sourit
des larmes de lotus.
 
Extrême gravité du bonze en zazen,
du silence sur les mains.
Dans l’ombre sombre du dojo
plus rien ne vit.
 
Sur la terrasse
de teck du temple
un peintre a éteint l’éclat
de ses yeux las
sans déranger une étoile.
En contre-point de ses encres
du linge sèche.
Les aquarelles de lumière
ne se font plus que sur les pierres du jardin
qui n’ont de couleur ni ancienne, ni moderne.
 
Poésie du bonsaï bunjingi
nu derrière la fenêtre…
… au kansaï hibachi, le charbon de bois rougeoie
l’éclat d’un rêve.
 
Murmure des mots d’accès aux univers
sans fin, réservoirs sans fond
d’éternité pour jours ultimes
sous la protection du silence.
 
Le fluant et l’immuable…
Répondre ? ...
 
Depuis toujours les pierres ont peur des chutes d’oiseaux.

 

 

 

B-Tribute

                                               i.m. Bashung

 

crédit http://alainbashung.artistes.universalmusic.fr 

 

 

la Mère Sup en a fait des heures sup
pour qu’ la Rouquine Carmel’Hit
parade à ton bras tout c’temps là
avec des hauts - en couleurs
et des bas - résilles. Yeah !
Figure imposée,
terminé
le saut à l'élastique en Vercors
Madame rêve de Goutte d’or
Puis Chloé t’a cloué
au Cantique des cantiques.
 
Vertige de l’amour sexe porte
pourtant t’étais pas Novice
t’avais osé Joséphine
sans rien dire de Gaby,
de Suzanne ou de Lise.
T’avais dit, bien avant ça  
« C’est la faute à Dylan » 
et chanté les mots bleus
ou encore 
« je fume pour oublier qu’tu bois...». 
L’imprudence…
Mais « la nuit je mens » tu disais aussi
l’harmonica dans la poche,
rien ne presse, aucun express en vue !
 
et
un jour, clopin clopan, ta clope…
ta vie vas la vida
 
et
un jour highway 61
dans une tire bleu pétrole
t’es parti…
 
et maintenant,
connais-tu le secret des banquises ?
 

***

Portés disparus *

                                                             à E.J.

Images venues d’Elfriede                  

                  comme d’ailleurs d’ailleurs

Visages en offrande aux pylônes

où les morts indociles

corps errants par cohortes entières

gorges lacérées de quintes,

thorax tout tordus de toux

nus d’une terreur vératrine exorbitée

avec au cœur la longue douleur

du temps des cerises et              des vers moqueurs

rempliront bientôt le devoir de disparition.

 

     Suffit que la colle vieillisse

         pluies et vents font le reste                         papiers délavés

couleurs lacérées                              Villeglé

         comme d‘autres entre autre.  

 

( extrait de Autopsie d'un vivant)

* Publié dans Traction Brabant 30/31 de juin 2009

 

***

Ainsi va le monde 2

suite de Ainsi va le monde

litanie sans fin

 

J’ai vu l’Elysée chienli_sé
par d’l’ego surmédiatisé.
 
J'ai vu les foules affamées
de trente pays manifester,
 
J’ai vu ces victimes sacrifiées
sur l’autel du Grain spéculé
 
J’ai vu ces famines perpétrées
pour faire profits se  perpétuer.
 
J’ai vu les chinois au Tibet
tuer  des demandeurs de liberté
J’ai vu laisser priorité
à la protection des marchés…
 
J’ai vu un ouragan frapper
la Birmanie claquemurée
 
J’ai vu dans les champs inondés
des cadavres flotter par milliers
 
J’y ai vu une junte affolée
du pays refuser l’entrée
 
J’ai vu aux frontières s’entasser
l’aide humanitaire envoyée
 
J’ai vu les Chiens se chamailler
pour l’Ingrid libre récupérer
 
J’ai vu d’un coup se fissurer
le libéralisme avancé
 
J’ai vu des grandes banques balayées
par tout le virtuel spéculé
 
J’ai vu Wall Street dégringoler
Londres, Tokyo, Paris suivre de près
 
J’ai vu les menteurs patentés
envahir les plateaux d’télé
 
J’ai vu des milliards par milliers
emplir soudain des caisses pillées
 
J’ai vu sur le marché boursier
34 mille milliards s’envoler
 
J’ai vu qu’trente d’ces milliards volés
pouvaient soulager chaque année…
…la faim du monde !
 
J'ai vu tout çà à la télé
le cul collé au canapé.
J'ai vu tout ça à la télé
mais ai-je petit doigt levé ?
alors, prendre plume ai décidé !
 

***

 

***

Plaintes des graffitis aux murs qui ont mal

 
Eh ! Tête dans l’sac,
j’te parle !
Arrê_teu d’faire sans blanc d’pioncer
Dis moi c’que t’as r’senti
quand t’es sorti d’ta solitude ?
Une flam' noire,
une boule d'vide
un truc comme ça ?
Ou p’t’êt’e bien
une assemblée d’gueules en for_me d’fugue ?
Réponds merde !
J’veux savoir, êt’e prêt, tu comprends.
Ben oui,
toi t’étais armé pour ça,
rapport à ton âge à s’qu’on dit !
Moi j’suis jeune, j’ai pas d’cv, j’suis paumé, c’est tout.
Même les meufs s’fou_tent d’ma gueule maintenant,
T’sais c’qu’elle m’a dit la dernière ? 
Qu’j’étais : « une épave mélancolique
des choses de la vie
perdue entre les cuisses
d’un absurde hasard
trou de néant cerné de vide
aux pestillentes désinvoltures
de varechs intimes. 
Une merde quoi !»
T’en r’viens pas hein ! M'non plus,
j’en ai pris un vieux coup…
Y’a plus d’paroles
Comment j’ai pu m’en rappeler d’sa tirade ?
Ben, j’y ai fait répéter plusieurs fois
j’sais bien qu’jai les neurones un peu poncé à l’alcool
alors faut c’qui faut, non ? Enfin,
Un vrai toit d’rouille sur la tête j’te dis.
Alors tu m’réponds ?
Qu’j’te répéte la question !
Bon, j’ai compris, tu veux pas m’répondre.
C’est  p’t’êt’e que tu peux pas,
p’t’êt’e pa’ce que t’es pas sorti d’ta solitude…
Bon ben j’te laisse hein
p’t’êt’e qu’un d’ces quat’…
 
paru en 2010 dans Traction brabant n° 35
 

Chimères

 

J’assemble les instants
en images d’un sépia suranné.
J’assemble les rêves
en coupe cristalline de réalité.
J’assemble les silences
en molles draperies de vacuité.
J’assemble les paroles
en lente et inaudible mélopée.
J’assemble les mouvements
en perceptible immobilité
J’assemble les futurs
en fenêtres sur l’éternité.
J’assemble les chimères.

 

extrait de Alléluias aléatoires  2001

 

Et si...

( à Louis )

Sous vêtements de femme
éparpillés sur le lit.
Un soulier bleu renversé.
Sa voix est un râle doux
« Viens !
Fais moi l’amour que je ressuscite ».
L’eau trouble de ses yeux verts,
le fil de sa fente nue,
les algues de son sexe,
font d’elle une déchirure de beauté.
Je la parcours.
Elle est douce
comme une eau de fontaine.
Je sens mes doigts
avant d’y goûter.
Saveur qui rend fou.
où je découvre le parfum rouge de son âme.
 
Et elle ?
Elle cueille la nuit
de ses doigts longs et minces !

 

extrait de Instants infernaux 2001

 

 

Cracher dans le cœur des roses

 

Vers un ciel écumant de nausée sirupeuse
le loup des lunes vocifère
d’une voix de castrat aux sanglots ensanglantés.
Il hurle dans le vide pour n’avoir plus d’âge.
Le soleil en réponse jette sur la mer
ses mille clignotements tintinnaburlesques.
et les génitoires du vent laissent filer
la vaseline glutineuse du désir.
Dans les caves des durs idiots de pierre
aux vies qui se consument d’inexistence
se forge le grincement décharné, déglingué
des fleurs de haine de leurs gueules stériles
aux sourires d’hébétude hyéneuse.
Société d’écervelés, société décervelée,
Feinte dolence de l’adolescence,
délicate ingérence égérique,
la petite fille au revolver voulut lutter.
Tactisme ou tropisme d’une voie exsangue
après son sang de rue sur les pavés,
la voici vouée aux pochoirs de murs tagués.
Art tout autant éphémère
soumis au lent ruissellement
d’un silence humide et végétal,
nirvana de chutes d’eau,
patience de sapience.
Au Village ou ailleurs, l’horizon déraisonne.
Hank Chinaski, Jack Duluoz & Pollock  Jackson
ont fourbi leurs vies de pygmées titanesques
aux alcools où ils trempèrent l’acier de leur art.
Emporté par les fleuves de nulle part
entre solitude et grotesque,
il n’y a qu’un endroit où finir toute chose
sans cracher dans le cœur des roses.

 

Extrait de Espoir et Horreur du Vide 2007                                                  texte lu

 

 

Sur le Versant de l’Oubli

 

Connivence des voix

Connivence des mains

Connivence des corps

Chagrin voluptueux d’images

                                    dans la cave des yeux

Cruelle bienveillance du temps            fuite            oubli 

inhumaine à force de pureté     

 

extrait de I can’t get dream  2007

Pétro_délire [hy]po[t]_ét[h]ique

 

Perché au sommet du vertige
un druide zen,
vu de mes yeux vu
donnant le sein serein
aux saurins du néant,
vit l’issue du mal, dont on voyait mal l’issue.
 
Selon lui, lune_hic solutio_n_unc était
dans l’ existement de nuages de pierre ponce
fruits de l’abrasion de la braise des étoiles.
Ces nuées aux couleurs d’ailleurs
jetées au vent de dits railleurs
( ces nés galets travailleurs )
transformeraient
la poésie des transports amoureux
en poétique moyen de transports collectifs
sans consommation d’énergie !
 
Cette solution
ô combien belle et limpide
fut sitôt dite enterrée… après audit,
sous des tonnes de com(pro)missions
de réflexions décrétées
par les tortilleurs de c(o)ul(pe)s_habilité(e)s
des ins(is)tances rétro-néo libérales avancées
à l’inavoué motif     cupide et laid
qu’un transport poétique
ne pouvant             faire titre…
en bourse…
Hon devait le         faire taire,
à juste titre (sic).
 
Pour une fois, c’est ainsi que ce qui ne fut jamais dit fut fait.
La machine à broyer l’info excella à n’en rien ébruiter,
Le transport poétique n’eut plus droit de citer.
Il en est toujours ainsi ce jourd’hui !
 
Poètes de tous les pays… (aïe)
unissez votre énergie
renouvelable !
(ouf !)

 

extrait de Délire à dé-lire   2008

 à suivre...

 

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