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Hommages

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Lecture d'un extrait de son recueil "Nuitamment  (textes pour une seule voix)''

"Les nuits annonciatrices"

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Jean-Marc Couvé

   Louve, bien sûr, en un long baiser / sa morsure

                                                             pour Jean-Claude Tardif

   

Louve, ta louve, bien sûr,

est la réincarnation de la Mopsa,

le grand amour qui fit pleurer Crevel.

Mops est l’incarnation du « deux qui font un »

cher aux surréalistes, l’androgyne un peu hermaphrodite aussi !

    Louve, la louve

est la part de René qui l’empêcha de naître autre

et la mangeuse d’homme issue des mythologies primitives.

        De Venise à Paris et de Rennes à Berlin,

la louve est plus rebelle que belle, que simplement,

                          banalement belle…

   Elle est louve de tous les rêves,

est la femme, l’éternelle idéale…

   Louve – peut-être

fut-elle la Mopsa de Crevel ?

avant que les nazis ne lui

cassent toutes ses dents –

car, plus encore que de l’art, de tous temps,

les régimes totalitaires se sont méfiés des louves libres

comme les vents insaisissables

comme l’amour.

Et, pour éviter d’être mordus,

pour éviter de tomber eux-mêmes

amoureux de ces louves enragées d’amour,

les nazis, de tous temps, leur ont arraché les dents :

Cela faisait de bons toutous comme les aimait Hitler

qui transforma les louves en chiens de berger, 

                                                    en bergers allemands moutonnant.

 

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