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Isabelle Le Gouic

...poète, peintre & chanteuse...

 

In memoriam

 

 

 

vidéo récente

 
Odyssée, de l'O d'ici à l'eau de là  

 

Expo & Mail Art à Ebreuil 

 

"Je remercie très chaleureusement tous les artistes pour les nombreux courriers d’art postal qui ont enchanté les visiteurs lors de l’exposition Dans un p’typo de graphiture.

Voici des images de quelques-uns de ces superbes envois qui ont donné lieu à l’installation L’arbre à belette.   ilg

 

L’arbre à belette ? C'était ici... 

sous les ramures de l'arbre aux lettres de Nada 

 

... avec des participations de ... 

Alys Gautier  

Cathy Garcia 

Nada 

E.Looka 

Fabienne Burdet-Ichtchenko 

Geha 

Isabelle Le Gouic 

M.L.Colrat 

Michel Julliard 

Patrick Navaï 

S.Besnehard 

S.C. 

SAVS Cadet 

Sylvie Forestier 

J.Minet

Mille & un mercis à Toutes & Tous !

 

 

 

 

Du nouveau ...   4 courts d'animation poétique

 
Pierrot au pays d'Alice  

 
De l'autre côté du carton  

 
Le fil de soi  

 
Du fil à retordre  

 

 

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  Vers & Prose 

 

Âmes

Au sursaut des veines 

Aujourd'hui c'est dimanche

Citron bleu 

De l'autre côté du tirloire

Et si Cocteau se tait

Il et le voyage intérieur

L'homme sandwich  

L'imparfait du verbe être

L'instant d'avant, l'instant d'après

La promenade du peintre

Le mauvais film de l'été

Oscar

Petit arrangement avec la mort

Promenade au nord de Paris

Proverbes croisés

Sous le regard d'Amar Amara

Trois par trois 

Trou de mémoire

Un coup de dés jamais n'abolira le hasard 

Un goût d'rond aux carreaux

Un soir, sur le bateau Daphné 

       Graphismes

 

Cadavre exquis au musée Singer Polignac

Des idées derrière la tête 1 à 4

Des wagons dans l'Ô 

Du désir dans le dessin 

Le Baiser de l'Aigle 

Le nœud du problème & la clé du mystère

Répéter pour ne pas disparaître

Surimpressions

Un autre regard 

Vide

Voyages intérieurs 

 

       Chansons

Étiquettes

Une nuit à Paris

 

   loto-dérision-Biographique

 

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oOoOo

Vers & Prose
 
 
 
 
De l'autre côté du tirloire
 
tirloirecontrast.jpg collage  jlmi

En cette frisselière journée du mois de narcicédille, Jeanjean aroubissait lentement sur la route borsifiée de grands tronchênes enlaçés. Les roues de sa lonchenille scouintaient tintillamment et raffrénaient sa pargession.

 

Au détour d'un tirloire, Jeanjean visuffla une chimière perchopée sur une brolline. Lursieux, il quitta la chemie principale et s'engafoula sur un serpinentier étroit. Il visufflait de loin la casetière d'où s'échirlait une épaisse estouffinade. Les narines de Jeanjean se rissaient à chaque époumation. Il n'était plus qu'à donze décipas de la chimière. Blâché derrière un immense tronchêne, il desgourdit de sa lonchenille, l'adossa au bron et se galancha dans l'herburage humide. Rien ne clissait, pas même un fafellement de mouche.

 

Après viz bonnes répinades, galanché dans la bourdière, Jeanjean se rebuqua glissivement, se friga virulement les digitoires et aroubissa vers la casetière. On n'échointait toujours pas la moindre clissade et Jeanjean s'intergrugea sur la trépence ou non de bonomidés. Il claquetta à la vistule, attendit une courte répinade, et débucla fissamment l'operclude.

A sa grande surbitude, il visuffla un couple de borluques assoupis. Dans un brouffin, tout près de ses bargans, dodofallait un borluquet. Une bollicieuse estouffinade de siandre aux lampignards s'échirlait dans la chimière. Les groix bonomidés ne se déclurent pas un instant de la trépence de l'estraclé à leurs boltrés.

Pendant qu'ils dodofallaient, Jeanjean s'esclipa dans la chandrine voisine et chaffourgna dans la lomogne en bois de tronchêne, tirleton après tirleton, puis il souleva le batoula du droc à balfraguand où il griba un rétignable prégord  dans le grommier : Groix bracadets en roncille, breux alludines en doc de cille, viz rouloques triclées de céphir et quelques claisses de roncille et d'agréban  en doire à col de gerte. Jeanjean se gargucha les padoches jusqu'au bloc et s'esclipa de la chimière à toutes lambades. Il se drua jusqu'à sa lonchenille et dispaga derrière le tirloire.

 

C'était une belle brancolte pour lui. Il était vahiaire de son caribolage et avait le sourire jusqu'aux ourlières. Quelques décimades plus tard, il fourperait les bracadets à son tontord Hector qui tient un madraguin d'andigues et de jateaux. Les alludines en doc de cille visèreraient sa frasine Léonne. Quant aux rouloques, ils les banqueriserait à Gaston et Alban, des briguedands qui reclendaient la roncille et l'agréban.

 

Pendant ce tournevent, le couple de borluques sortit de son dodofallement et visuffla avec esbroi les tirletons écharbis de la chandrine et le batoula du droc tout regourné. Ils gébrirent, poussèrent des ruques aigus par la vistule mais c’était déjà trop estardi. Le cambronneur avait disperdu dans la vatoire.

 

Jeanjean perniffla plus tard à Hector et à Léonne qu'il avait rabulé tous ces jolicadilles au pied d'un tronchêne en se ballassant. Il garda toute sa vie la vrédigable histée de ce caribolage pour lui.


 
 
 
 
Au sursaut des veines  

 

ilg Au sursaut des veines.jpg photo jlmi

Peindre sur l’océan

nos désirs de voyages.

Au gré de nos songes,

nos têtes font des vagues.

 

Une Fugue de Bach dessine nos soupirs.

L’espace s’accomplit.

 

La mer y est nomade,

rouge,

sous un ciel détrempé.

 

Elle palpite

comme au sursaut des veines.

Des hublots sont ouverts sur nos âmes sereines.

Nous avons effacé les tempêtes.

 

Ecoutez le clapotis des pinceaux

qui dessinent l’écho de nos pas.

 

Pendant que cette mer nomade

emporte avec elle

au creux de son ventre

le brouillon de nos vies,

nos rêves s’abreuvent d’écume

pour enjamber l’horizon.

 

 

 

 

Trois par trois

3x3 v2 b.jpg collage  jlmi

J’ai raté le train qui roulait entre les arbres. Les arbres roulaient sous les nuages, sur le toit bleu des wagons de nuit qui allaient trois par trois. La locomotive crachait mon ennui, car la nuit me nuit, et aussi des nuages bleu nuit, trois par trois. La vapeur cachait parfois la lune qui ne montrait qu’un quartier, qu’une partie pas partie. La lune montrait l’une, parfois l’autre. Elle n’était pas entière, elle n’était qu’en tiers.

Elle brûlait l’infinité des rails à toute vapeur. Les rails rattrapaient ma solitude et je m’y rejoignais.

Les vitres me regardaient et comptaient les vaches trois par trois. Ma solitude gagnait à me perdre et je perdais mon temps autant que mes printemps. Trois par trois, mes doigts tapotaient sur l’interdiction de se pencher dehors, d’abord en français, puis en anglais et en italien. Je me penchais sur les pas qui traînaient derrière moi et je n’avançais pas. J’attendais en français puis en anglais et en italien l’instant qui ne venait pas.

La gare était invisible, la salle des pas perdus se remplissait de mes doutes feutrés, l’horloge faisait des tic tac, trois par trois puis se taisait. Tic tac trois fois et je me regardais et tombais dans mon ombre. Un deux trois, soleil ! Le soleil luit, lui, quand moi je sombre, sombre. Les rayons dénombrent mes avatars. Il est trop tard.

J’ai raté le train qui ne m’attendait pas, alors ma solitude en a pris un autre. Les passagers étaient dans ma tête et ma tête voyageait. J’étais assise devant mes doutes, je les comptais trois par trois et ça ne faisait jamais cent. Alors, sans attendre son tour, mon sang faisait trois tours. Je doutais un peu plus, je faisais le dos rond et mes comptes étaient ronds. Le contrôleur passait devant moi et ne me voyait pas. Le cliquetis de la poinçonneuse me rappelait le parfum des lilas qui s’engouffrait dans des p’tits trous, toujours des p’tits trous.

Le train où je n’étais pas était vide de toute solitude et plein de brouhaha. Il crachait sa vapeur au museau des vaches qui broutaient trois par trois et giflait la lune parfois, je ne sais pas pourquoi. Je ne sais pas pourquoi ce train là ne voulait pas de moi. Alors, je chemine, ma solitude accrochée aux rails, en français puis en anglais et en italien, trois p’tits tours et puis s’en va, dans un tortillard qui n’existe que pour moi.

J’ai raté le train qui roulait entre les arbres. Les arbres roulaient sur les nuages, sur le toit bleu des wagons de nuit qui allaient trois par trois, sans moi, sans toi. Emoi...

 

              ''Le train qui entre en gare ne prend plus de voyageurs. 

                                            Je répète : Le train qui entre en gare ne prend plus de voyageurs'' ...                                

 

 
 
 
 
L'homme sandwich  
 
130225 l homme sandwich.jpg photo jlmi
 

Y’a pas de gagne-pain pour ce gars là

pas de gagne

pas de pain

pas de gain

 

Y’a pas de pain sur la planche

pas de billet dans la manche

pas de planche à billet

pas la tronche à rire dans cette tranche de vie

 

Y’a pas quelque chose qui cloche ?

 

Y’a pas de pain pour ce gars-là

mais y’a des pains qui se perdent

quand l’homme sans pain

devient malgré lui homme sandwich

 

Y’a des pains qui se perdent

quand on fait de lui une tranche

glissée entre une casquette qui Mac domine

et des semelles de marque qui lui font la nique

 

Y’a pas de mal à ça, diront certains :

Lui faire porter cette casquette burger-frites et ces pompes de pompe à fric

ça ne mange pas de pain

 

 
 
 
 
L'instant d'avant, l'instant d'après
 
instantavantaprès.jpg collage  jlmi

 

L'instant d'avant, l'instant fuyant,

Celui qui fugue incidemment,

L'instant qui file comme l'anguille,

Et moi docile qui le comprends.

 

L'instant d'après, l'instant qui vient,

Celui qui est et qui advient,

L'instant qui suit, que l'on poursuit,

Et moi qui suis et qui deviens.

 

L'instant à vivre, l'instant vivace,

Celui à suivre, celui qui passe,

L'instant de vie qui donne envie,

Et moi ravie qui lui fais face.

 

L'instant qui court, jamais à court,

Celui du jour, crin ou velours,

L'instant de feu, l'instant de glace,

Et moi, tenace, j'en veux toujours.

 

L'instant qui glisse, l'instant qui crisse,

Celui qui lisse ou qui hérisse,

L'instant délice, l'instant malin,

Et moi qui crains l'instant caprice.

 

L'instant colère, l'instant qui serre,

Celui qui blesse, nous met à terre,

L'instant qui cesse, l'instant qui prive,

Et moi, naïve, qui laisse faire.

 

L'instant venu, cet inconnu,

Celui qui prend au dépourvu,

L'instant qui ment, l'instant qui leurre,

Et moi à l'heure de l'imprévu.

 

L'instant d'avant, l'instant fuyant,

Celui qui fugue furtivement,

L'instant qui tisse les regrets,

Moi qui les crée, incidemment.

 

L'instant d'après, l'instant qui vient,

Celui qui est et qui advient,

Celui qui glisse entre les doigts,

Et moi qui broie mes lendemains.

 

L'instant d'avant, l'instant d'après,

Celui qui est et qui était,

L'instant offert comme un présent,

S'il en est temps, je le voudrais.

 

 
 
 
 
 
Aujourd'hui c'est dimanche  

 

  ill jlmi 2013
 
Quand mes cellules explosent,
quand ma raison s’abolit
sur le lit d’un billard,
quand les dés semblent jetés
sur la jetée du hasard,
Quand je me sens mal armée,
ma manche retroussée
jusqu’aux bras de Morphée
qui me donne la dose,
je traverse la Manche
et je file à l’anglaise.
 
Mon cathéter, mon tunnel sous la Manche,
ne me dit pas : T’as qu’à te taire,
alors, ma prose émigre
sur mon papelard de cellulose.
Ma soif d’écrire n’est pas étanche.
Welcome in my brain swimming !
 
Quand mes cellules explosent,
je cause, je cause,
sur mon papelard de cellulose.
Je file à l’anglaise.
Why ? Because,
to be or not to cause.
I have seen mon spleen.
I have been pas tout rose.
To be or not to cause,
j’expire, j’explose.  
 
 
ill jlmi 2013

 

Shakespeare expose :
To be or not to be.
Si la question se pose
pendant que my life, insidieusement, goes,
moi, je cause, face ou pile,
toubib or not toubib,
God save the deal !
Pendant que my life, insidieusement, file,
God save the deal !
 
To cause, j’essaie, I say.
Je sais qu’il faut tout se dire,
why not my dear ?
To die ? No, my God ! J’me tire,
j’me taille, je ne me sens pas de taille.
 
When I feel qu’il est temps,
pour une trève, comme une rave party,
it’s high time to dream,
je suis dans un rêve, partie.
Je m’envole in the sky, tout feu, to fly,
comme Lucie sait le faire, elle, au LSD,
et aussi, Lucifer in the sky with démonts, elle, déesse.
 
Bye, Bye ! Je glisse dans mes failles et si je défaille,
je m’en lave les mains à la lave de mes volcans et je m’envole quand même.
Tant pis si je brûle les étapes in the fire.
J’me sauve. Farewell ! Goodbye !
J’m’en tire comme je peux, how I can.
Faut-il mentir ? Le puis-je ? Can I ?
Si je mens, je m’encanaille et je vais en enfer,
tout feu, to fly,
croix de bois, croix de ferraille.
Pour quoi faire ? Pour faire aïe ?
 
Where can I go avec mes rimes en aille ?
J’essaie, I try, mais comment faire ?
Bien faire, faire bien, well,
quand faire well a un goût de goodbye.  
 
 
ill jlmi 2013

 

Alors, pour la bonne cause,
je cause, je cause.
Why not ? Because,
to be or not to cause.
I have seen too much of my spleen.
I have been pas tout rose.
Alors, quand I feel pas très well,
quand mes cellules explosent,
je me défile à l’anglaise,
sur mon papelard de cellulose.
 
Mon papier est water plouf,
mon Waterman y jette l’encre.
Quand je suis down, quand j’ai pas pied,
quand je déchante,
my words are singing in the brain,
my brain is swimming dans mes veines.
Je suis championne of the world
de narration synchronisée.
 
Quand I feel pas très well,
quand je n’ai plus de hauts, quand je n’ai que des bas,
des bas qui filent, qui défilent,
je me défile always.
I do profile bas in my prose,
quand mes cellules osent faire les malignes.
 
Mes cellules qui explosent me collent à la peau,
pas celles qui sont grises in my brain,
mais celles qui se grisent au plaisir de se grimer :
What a sad game !
My skin se raconte dans mes carnets de Moleskine,
sur mon papelard de cellulose.
 
Mes cellules me collent à la peau,
comme des collants Well, quand I feel pas très well.
Mais aujourd’hui, j’ai des collants Dim (Pam Pam pam pam   pam pam…)
Aujourd’hui, c’est Dim Dim Dim Dim dimanche,
alors, je divague sur des vagues de rimes.
J’ai traversé la Manche, ma manche retroussée
jusqu’aux bras de Morphée qui me donne la dose,
j’ai filé à l’anglaise,
mais là, j’ai dimanche à traverser.

 

 oOoOo  

 

 

 

I L et le voyage intérieur

 

Lorsque la vie donne du fil à retordre et que la réalité est inacceptable,

I L souffre, et lorsque sa souffrance psychique devient trop forte, parfois,

I L se brise, se clive, se casse (se casse en deux et se casse pour un ailleurs). 

 

I                  L     

      

I L fut une entité, et I L est devenu un ex- I L.

I L se casse, se barre pour un E X I L, exilé de soi : de l’ex- I L à l’E X I L.

 

Clivé, I L s’isole de soi, comme sur une île (AS  IF) qui l’accueille :

Comme SI une île était en S O I.

En soi se trouve la terre d’accueil, terre d’AS île.

Terre de folie, terre d’asile psy. En soi, un I L : O 

Un îlot où I L se perd quand I L erre sur cette terre.

I L peut perdre sa santé quand (t)erre est sans T.

D’un I L qui semble entier, I L serait ôté : I L O T 

 

I L est parti, I L s’en est retourné,

retourné car I L est à l’envers dans la F O L I E. 

Est-ce un retour à la naissance ? Retour-né ? Clivage = clive âge ? 

Le clivage est-il un allier né ? Clivage, folie comme un faux ami où I L se délie.

FOLIE est faux LIEN en lequel pourtant I L croit :

Il y a une forme de FOI dans la FOLIE : I L avance au feeling (AS  IF). 

 

Certains diront qu’I L est nœud nœud, qu’I L s’éloigne de nous, qu’I L se

dé-nous, que loin de nous, I L se tire, se défile. En fait, I L se dénoue,

comme le F I L qu’I L est et qu’I L tire (sans faire Feux) et sur lequel 

I L marche, pendant que nous restons à jeux nous.

 

Etrange voyage intérieur, où marcher sur un FEEL,

revient à marcher sur des E.

C’est le nœud du problème, c’est l’équation à une inconnue qui est en SOI.

Cette inconnue, X, est le fil rouge de sa vie et peut conduire à un

 

E X I L  de  SOI.

 

mis en ligne en mars 2012
 
OOO
OO
O

 

 

 

 

 

Sous le regard d'Amar Amara

 

 

 

 
Amar Amara entra brusquement et parla avec effroi
de la décimation sous le fumier de l'idéologie,
du déclamateur sous le fumoir de l'idiome,
du déclin sous la fureur de l'idolâtrie,
du décochement sous le furoncle de l'ignominie,
du décollage sous le fuselage de l'île,
des décombres  sous le fusil-mitrailleur de l'illogisme
et du décompte sous la futilité de l'illusion.
 
Il cachait dans son dos
un cabinet rempli d'objections et de vapeurs,
une caboche remplie d'obscurantisme et de variantes,
un cabot  rempli d'observateurs et de vaudeville,
un cabri rempli d'obstétriciens et de vaudou,
un cacatoès rempli d'obus et de vautours,
un cachalot rempli d'occident et de vécu
et un cache-misère rempli d'occultisme et de velcro.
 
Il avait honte de tout, honte
de son papa en goupillon,
de sa papaye en goutte,
de son papelard en gouttière,
de sa papille en gouvernail,
de son papisme en grabuge
et de sa papule en graffiti.
 
Il posa son indulgence sur la table, comme d'habitude, et s'en alla.

 

 

 

 

 

Promenade au nord de Paris

 

Il marche
vers le nord
dans les rues de Paris
 
loin de la Seine
 
loin des Champs déguisés
par des marchands
avisés
 
loin des Prés de Germain
si rarement fauchés
 
loin des bruits de fourchettes
du théâtre de l’ode à Léon
de Bruxelles
 
loin de la rumeur qui monte
de la comédie de boulevard
Saint Michel
 
Il marche
vers le nord
là où une porte de la Chapelle
s’ouvre sur Barbès
 
Il marche
vers le nord
encore
 
jusqu’aux dames de Pigalle
qui s’allongent
aux pieds des Abbesses
 
Il marche
vers le nord
encore
 
Il s’égare
pour mieux se retrouver
 
Le hasard le conduit dans un square
chez un autre Léon
qui se nomme Serpollet
 
Il lève les yeux
pour mieux se perdre
 
Il regarde
une silhouette
qui surgit de nulle part et qui danse
parmi les herbes denses et le béton
 
 
Le promeneur
se fait alors discret
 
Il s’efface
se cache
 
se fond
dans le béton
 
 
 
 
Promeneur dans la ville
et promeneur dans le temps
longtemps, longtemps, il attend
 
Là, à présent, il sait qu’il peut fermer les yeux
pour ouvrir la porte de sa mémoire
 
Ouvrir la porte
par laquelle des silhouettes semblent s’échapper à l’infini
d’un tableau d’Utrillo
 
 
 
 
Légères
elles dansent
elles dansent
sur les toits de Paris
comme d’agiles lapins
tout en haut d’une colline

 

 

 

 

 

 

La promenade du peintre

 

Il marche
en regardant ses pieds
sur le bitume enneigé
sur la ferraille des jours quand tout est gris
tête basse
tête perdue
il marche
 
Il marche
dans le vague
plonge dans le vide
dans le blanc des pensées
et se perd dans celui de la ville
 
 
Il marche
en regardant ses pieds
sur le bitume
sur de vieilles habitudes quand tout fout le camp
tête basse
tête perdue
il marche
 
Il marche
dans le vague
plonge dans le vide
d’un cercle
où se perd chaque regard
où s’égarer tout entier
 
 
Il marche
en regardant ses pieds
sur le bitume
sur des empreintes à emprunter
 
En harmonie
sans fronde
il se confond
avec elles
 
Il marche
dans le vague
plonge dans le vide
pour faire le plein de traces
 
 
Puis il décide de tout mélanger
dans sa tête
tout associer
la ferraille et les traces
 
 
Tout confondre
le bitume et la neige
l’empreinte et  l’acier
 
Quatre par quatre
dans son esprit
des images sont associées
 
***
 
A présent
il compose un carré tout enneigé
 
Il y intègre le cercle
et des formes variées
 
Promeneur dans la ville
et promeneur dans l’imaginaire
le peintre longtemps, longtemps 
s’imprègne  de ce mirage
jusqu’à ce qu’il soit bien fixé
dans sa mémoire
 
 
Là, à présent, il sait qu’il peut fermer les yeux
et attendre sa métamorphose en tableau
 
 
photos et peinture de ilg
 

 

oOoOo

 

 
 
 
Âme
L'âme minée
L'amie, mine laminée.
La     mie    de     pain
Tranche de vie, pain grillé,
Tu l'as  mise dans ma  bouche.
Mes dents se ferment comme une grille
Sur mes envies piégées, tous mes désirs grillagés.
J'ai  des  envies  de  désirs  coincées  entre mes  dents.
Piégé  dans  mon  palais, mon  goût  du  risque est empalé.
Désirs acidulés, désirs sucrés, désirs désirables, la mie de pain désirée,
Tu  l'as mise dans  ma  bouche, tranche de vie qui toujours émoustille.
Mes papilles répapillent, ma salive sautille, mie de pain mitonnée, miroitée, délice ami,
Tu   l'as  mise dans ma  bouche  ; La   mie  de  pain  amie,  amidonnée,  croustille,  titille.
Alors,    je   croque  la   vie   à   l'envie,   je   croque   l'envie  de   la  vie,   avide ,    ravie.
Désirs ravivés,  vivants et vivaces, les envies voraces varient dans ce joyeux charivari, je ris, revis.

 

oOoOo  

 

 

 

Privée d’r, la mort meurt d’asphyxie dans le mot.

Edmond Jabès  

 

 

Petits arrangements avec la mort

 

 

DIEU nous a eus avec un U, car sans U, la vie file à l’anglaise

 

 

Ce manteau noir pas cousu de fil blanc

 

Un matin, à mon réveil, je me suis souvenu que j’étais en train de rêver que j’écrivais

sur une feuille blanche la phrase suivante, ainsi orthographiée :

 

La mort avance vers moi dans son m’entonnoir…

 

Alors, j’ai écrit ce qui suit, bien éveillée cette fois-ci :

 

Lorsque la vie se resserre, dans l’entonnoir, jusqu’à l’asphyxie,

c’est la mort qui se desserre et se sert au passage.

 

Dans son m’entonnoir, la vie me tricote un manteau noir fait de fils à retordre

pour donner à ma mort des allures respectables.

 

Ecrire à propos de sa propre mort, c’est une manière de canaliser ses peurs

dans lente eau noire.

 

La faucheuse passe parfois trop tôt : L’an tôt noir entonne la fin.

 

Alors, croquez la vie à pleines dents ! Quoique…

 

 

 

oOoOo

 

 

 

 

Citron bleu

 
 
 
 
 
  
citron bleu dit par isabelle le gouic 
accompagnement musical de patrick navaï
 
Le sommeil a pris ton empreinte et la colore de tes yeux.   Paul Eluard
 
J'ai allumé un citron bleu quand j'ai éteint l'orange.
La terre est bleue comme une orange,
papier bavard de Paul Eluard.
Eluard, élu art, l'art élu de Paul Eluard,
citons le, récitons le,
et nous réciterons aussi le véritable citron bleu,
bleu marine, le bleu badine, j'ai les mots bleus ressuscités.
J'ai su citer Eluard qu'a suscité ce drôle de rêve,
un citron bleu comme une comète dans ma tête comprimée,
un citron bleu qui fait la fête et qu'a envie de s'exprimer.
De mon sommeil chimique, naît la belle alchimie.
 
J'ai allumé un citron bleu quand j'ai éteint l'orange.
J'ai des marées montantes qui défient l'horizon
quand j'ai ce citron bleu qui défie la raison.
La lune a des pulsions au rythme du citron.
J'ai démarré mon slam sur la peau d'une orange,
je sais, les mots d'Eluard, nous les réciterons,
mais moi, j'ai le vague à l'âme, je divague, je dérive,
dix lignes font dix vagues, sur des pages, sur des rives,
des vagues à slam sans se lamenter, mon slam hanté par une orange.
Si j'ai la tête en marmelade, appelez-moi p'tite tête malade.
 
J'ai allumé un citron bleu quand j'ai éteint l'orange.
Le mot explose dans le fructose, j'ai le mot bleu qu'est pas morose.
J'ai le citron onirique, j'ai le citron qui ose la pulpe diabolique,
j'ai le citron atomique, le nucléaire qui gicle.
Joindre le zeste à la parole, le citron bleu en parabole,
c'est plus tonique, c'est plus comique.
J'ai les antennes au paradis, j'ai les pépins qui décollent.
C'est un vrai cas d'école quand le citron me grise.
Ce bleu m'aspire, ce bleu m'inspire, devient spirale qui électrise.
 
J'ai allumé un citron bleu quand j'ai éteint l'orange.
Slam, slamer, cela me berce et cela m'arrange.
La terre se terre comme une orange, l'orange est bleue, elle est aux anges.
Cela appelle un commentaire, car comment taire ce qui dérange ?
Moi je préfère le citron bleu, car il est bleu comme un losange
qui vole à tire d'ailes et qui excelle en excès de zèle du désir et du plaisir.
Le citron bleu est un néon dans le néant, c'est le nez rond de mon clown blanc.
Il n'est pas sage et à chaque passage, je m'éclaire au chocolat,
le temps d'un éclair ou le temps d'un éclat.
Cacao qu'est k.o. et zeste à terre puis se relève à la Saint Nicolas.
Le citron bleu, c'est comme un jeu,
c'est un carré qui est aux anges quand il devient losange,
c'est un 8 de carreau ou un 9 de chocolat.
Tonnerre de Brest ou de passage, il tonne, il détone.
Mille sabords ! J'lui rends hommage au capitaine qu'est pas piteux,
le citron bleu qu'est capiteux. Alors l'orange capitule sans préambule,
s'en prend aux bulles, s'en prend à tout mais elle ne comprend rien du tout.
Remontée comme une horloge, elle a des tic, elle a des tac,
l'orange mécanique. Quand elle attaque, j'ai mon éthique,
mais l'orange s'absente comme privée d'absinthe dans mon bal neuronal.
 
 
J'ai allumé un citron bleu quand j'ai éteint l'orange.
J'aime son grain azuré qui donne du grain à foudre.
J'récapitule, c'est capital, mon capitaine. Mon rêve ne connaît pas la trêve.
J'aime l'errance du pépin qui se prend un grain, un soir d'orage.
Mon par-dessus est tout mouillé mais j'avance aussi sec,
c'est que j'aime la pluie par-dessus tout quand elle tombe à l'envers.
Quand elle tombe sans ciel, je marche sur deux mains
dans le noir voilé de doux neuroleptiques.
Mon rêve est essentiel, j'avance vers demain,
avec un citron bleu en guise d'hypnotique.
J'éclaire ma lanterne à la lueur d'un bras, les antennes à l'envers,
les ans ternes allant droit, à l'endroit des revers.
 
J'ai allumé un citron bleu quand j'ai éteint l'orange.
Mon rêve bleu bercé de slam, je joins le zeste à la parole.
Moi, j'ai l'âme estivale quand l'orange s'éteint, quand l'agrume s'affole,
quand il change de teint, devient bleu comme la lune,
quand il brûle au fer bleu l'orange qui enfume,
quand il nous est offert bleu, éblouissant les cieux.
J'ai le citron allumeur qui zeste en l'air, un soir d'orage,
devant l'orange sans voix sur une voie de garage.
J'ai les neurones rieurs dans les fluides hypnotiques,
et l'orange déconfite a l'air d'un leurre dans un flou elliptique,
suspendue à un doigt, à un doigt de se perdre, à un doigt de l'oubli.
A la lueur d'un zeste plus bleu qu'une utopie, mon rêve est bien réel :
Mon songe n'est pas mensonge, voyez ce citron bleu sur mon papier bavard,
le rêve innerve, le verbe devient sève dans les lèvres, le rêve est verve,
le rêve  orfèvre, qui se faufile, que l'on enfile comme des perles.
Voyez ces mots qui dansent comme des archipels dans un feu d'artifice,
quand les anges sont bleus et slament dans les étoiles qui boivent au calice
au pays des merveilles.  
 
 
 
oOoOo

 

 

 

Le mauvais film de l'été

 

                                        illustration ilg
 
Silence ! On tourne.
Moteur !
 
On tourne ?
Non, ils tournent
les gens du ministère
 
ils tournent le monde à l’envers
pour masquer leurs revers
 
ils tournent
ils détournent les faits divers
 
ils en inventent un inventaire
mais ils ne s’appellent pas Prévert
 
ils oublient
ils oublient jusqu’à s’oublier eux-mêmes
 
ils oublient que si la terre n’était pas nomade
la vie s’éteindrait
 
si les pensées n’étaient pas nomades
elles n’auraient plus lieu d’être
 
si les rires n’étaient pas nomades
ils perdraient tout leur sens
 
si notre sang n’était pas nomade
nos cœurs cesseraient de battre
 
si les êtres humains n’étaient…
 
Coupez !
 
Non, ne coupez pas !
Croyez moi, ce n’est pas du cinéma.
En cet été 2010, c’est une journée ordinaire, ou presque…
 
oOoOo
 
 
 
 
 
Un goût d'rond aux carreaux  
 
Faire danser les flaques
avec la géométrie,
les voir s'embrasser,
s'embraser
dans le feu du bitume.
 
Faire glisser le jour
sur un rail nocturne,
les voir se confondre,
se fondre
dans le bleu de nos pas.  
photo ilg
Faire vaciller les lignes
avec l'inattendu,
les voir jouer,
déjouer les habitudes
des cailloux trop polis.  
Faire des enfants à la pluie
avec des carreaux gris,
les voir se mirer,
s'admirer
dans le verre dépoli.
 
Donner aux carreaux un goût d'rond
et un goudron à la pluie.
 

oOoOo

 
 
 
Et si Cocteau se tait
C'est son visage qui parle
De sa difficulté d'être.
Je mets des couleurs sur son silence,
J'approuve son silence,
Je ressens sa force,
La force du mutisme, la force de son trait,
Face aux maux bruyants,
Sans doute était-il nécessaire,
Nécessaire de le faire, là et maintenant,
Dans la couleur de ce silence, un trait, un portrait,
La force de son expression, ultime lien
Au-delà de la déchirure.
 
ill ilg   coll particulière

 

oOoOo

 
 
 
Un soir, sur le Bateau Daphné
 
Ce soir,
je suis égyptienne
sur la plage du Prophète.
Non, pas celle de la côte phocéenne
où la nuit, parfois,
je posais mes rêves.
 
Ce soir,
je marche sur la Seine
et le Bateau Daphné
qui regarde Notre-Dame
accueille mes pas
et des voix amies
qui me parlent de là-bas,
de là-bas et d'ici.
 
Ce soir,
je suis syrienne aussi.
J'écoute le poète
qui ramasse le sable
qu'il sculpte
avec ses mots et sa voix de sage
pour lui donner le visage
de l'Amour.
 
Ce soir,
je suis persanne aussi
alors que d'autres voix amies
me font marcher sur les sables émouvants
de leur univers
aux racines si lointaines
et si proches à la fois.
 
Ce soir,
sur un bateau solidement amarré
au quai de la Seine,
bercée par le piano
qui joue en écho au clapotis de l'eau,
je voyage, éclairée par les mots
et par la lumière étrange
des vagabondes péniches
qui s'invite au travers des hublots.
 
Ce soir,
je traverse le monde,
je suis ici et là-bas,
je suis de tous pays
avec, pour langage universel,
la Poésie de l'Amour
et l'Amour de la Poésie.

 

oOoOo

 

 

 

 

Proverbes croisés

La nuit, l'oiseau fait son nid.
Petit à petit, tous les chats sont gris.
 
Qui aime bien
Après la pluie
Châtie bien
Le beau temps
 
Les absents font les bons amis.
Les bons comptes ont toujours tort.
 
Qui aime bien
Jeux de mains
Châtie bien
Jeux de vilains
 
La nuit, les borgnes sont rois.
Au royaume des aveugles, tous les chats sont gris.
 
Mieux vaut être seul
Plus on est de fous
Que mal accompagné
Plus on rit
 
Après la pluie, le larron.
L'occasion fait le beau temps.
 
A Seigneur
Qui aime bien
Tout honneur
Châtie bien
 
Qui vole un balcon, vole un tison.
Pâques à l'oeuf, Noël au boeuf
 
oOoOo
*****
 
 
 
 
L'imparfait du verbe être
Ligne de mots tirée au cordeau,
Paroles nouées, mots liés par le verbe,
Pensées déliées.
Musique des mots accrochée à la rime.
Corde serrée au nœud de l'angoisse.
Corde à sauter ou corde au cou,
Le nœud s'accorde au temps qui court.
Le verbe s'accorde à son tour, en son temps,
Au passé simple si compliqué,
A l'imparfait désenchanté, imparfait du verbe être, à l'imparfait de l'être.
Cordes désaccordées de l'anxieuse mélopée,
Floppée de mots jusqu'au croche-pied, une croche, six pieds.
Ligne de mots tirée au cordeau,
Corde qui enlace, qui entoure, qui enserre,
Jusqu'au nœud, jusqu'au mot qui déchire.
Corde amie ou rebelle,
Crayon qui tricote et qui tisse des mots amis, des mots alliés,
Ou parole défaite, corde qui s'effiloche,
Une croche qui décroche, six pieds qui trébuchent.
Le noeud s'accorde  au temps qui passe,
Corde amie ou assassine,
Corde lovée, still love me,
Ou corde raide.

 

oOoOo

 

 
 
 
Un coup de dés jamais n'abolira le hasard 
d'après le titre de Mallarmé
 
C'est comme ça, m'a dit Sainte Rita
C'est une pile de feuilles à mettre dans la balance
C'est un rêve ramassé au pied d'une balançoire
C'est un cri écrasé entre des doigts d'enfant
C'est une larme où flottent des vaisseaux,  fantômes de l'enfance
C'est un avant qui s'efface dans la paume de la main
C'est un après qui se glisse dans l'aventure d'une ride
C'est un rayon qui ne compte que jusqu'à 3,14
C'est un cercle vicieux qui est dans la lune
C'est un croissant qui s'étourdit dans le quartier chocolat
C'est une plume qui s'amuse et ne dit pas son nom
C'est une envie d'écrire qui ne dit pas non
C'est un caprice onctueux pour les dieux, enfantin pour les cieux, lacté pour les deux
C'est un espoir sous la caresse
C'est un souffle léger sur le sable des habitudes
C'est une dune blanche comme un sein, bleue comme l'île de Sein
C'est un pas de côté à côté de Calais
C'est une blague enlacée autour d'un malabar
C'est une ritournelle qui ne vaut pas un rond
C'est bien la preuve que je tourne en rond
C'est l'envie de plaire avec un crayon
C'est aussi la peur d'en découdre avec mon histoire
C'est un dé à coudre pour éviter les coups
C'est un coup de dés sur le fil du hasard
C'est le noeud de l'histoire coincé dans un châ-mot
C'est une bosse de trop
Stop ! Le fil va casser.
On ne peut pas tout dire.

 

oOoOo

 

 
 
 
Trou de mémoire
 
J'ai un blanc fait de noir, un tout blanc, un néant, un trou noir. J'ai un blanc fait de noir sans raison, sans savoir. J'ai un blanc tout béant, déraison dérisoire. J'ai un blanc fait de noir, aube claire faite de soir. Je vois blanc, je veux croire, je vois noir quand tout foire. J'ai un blanc fait de noir, trou de mémoire à mon histoire, sans raison, sans savoir, un trou blanc, un trou noir. Ca dépend du vent, ça dépend d'avant, ça dépend des soirs, tout ça reste à voir. J'ai un blanc fait de noir quand je bois mes déboires, pas de p'tit blanc qui aigrit, mais un p'tit noir pour y voir ma mémoire dans le marc. C'est troublant ce trou blanc, c'est troublant ce trou noir. J'ai un blanc fait de noir, sans raison, sans savoir. C'est glissant comme le blanc d'une patinoire, comme le savon blanc dans la baignoire. Sans raison, sans savoir, je suis un été blanc sous l'éteignoir. J'ai un blanc fait de noir. C'est accablant, c'est un cas blanc, c'est un cas noir. Sans faire semblant, j'ai le sang blanc, j'ai le sang noir quand papier blanc devient grimoire sous l'encre noire criblant le blanc.

 

... J'ai un blanc fait de noir, un tout blanc, un néant, un trou noir.J'ai un blanc tout béant, déraison dérisoire.

 

oOoOo

 

 

 

 

Oscar

 

Oscar portait toujours
à sa boutonnière, une fleur des champs,
à sa bouture, un fleuve de champignons,
à son bovarysme, un flic de chancellerie,
à son boyau, un flocon de changement,
et aussi à son boy-scout, une floraison de chanoines.
 
Il s'appliquait à respecter
les coutumes de la région de son enfance,
les coutures du registre de son enfer,
les couvées du règlement de son enfièvrement,
et les couvre-feux de la réglisse de son enflure.
 
Il avait toujours eu peur de perdre
sa raison et sa santé de fer,
son ramage et son saphir de fermentation,
ainsi que son ramasse-monnaie et son sarcophage de férocité.
 
Oscar avait du caractère, des peurs et des boutons.  

 

*****

 

 

Graphismes

 

 

 

Surimpressions

mis en ligne mai 2012

 

 

 

 

Voyages intérieurs 

mis en ligne mai 2012

 

 

 

Un autre regard

 

 

 

Le Nœud du Problème & la Clé du Mystère

 

         

                j'avance, je dénoue, je ''dé-nous''                                                    si les clés ont la dent dure, elles ouvriront des portes

 

 

oOoOo

 

 

 

Cadavre exquis au musée Singer Polignac

Une dizaine de secondes sont nécessaires avant l'apparition de l'image. Patience !!!

oOoOo

 

 

 

Le Baiser de l'Aigle

 

 

 

 

 

Du désir dans le dessin 

 

 

 

 

Des wagons dans l'Ô 

 

oOo

 

 

V    I    D    E

 

 

Le vide en un cercle vertueux plein de vides et de pleins et déliés

 

V    I    D    E .
V    i    d    é    e    s .
A     v  i  d  e   :   A  v  i  d  e  .
Le vide remplit-il une fonction ?
La providence comble les désirs
tandis que la viduité compte les vides nuitées.
Ô Ovide qui fîtes le plein de métamorphoses !
Vi(d)e  :  Le  d  en est jeté et il reste la vie.
Le vide, en avalant le plein,  il le v(al)ide en amont.
Peut-on évider l'évidence de son sens ?
Faire le vide, mais avec quoi ?
Plus qu'un pas face au vide,
face au  trou  abyssal :
Alors, deux réactions sont possibles :
Demeurer   i m p a(s)v i d e,
o u  d e v e n i r   l i (t)v i d e ,
V I D E  d(')e(n)v i e.
«Pà    é  v  i  d  e  n  t ,
C e   p a s   é v i d a n t
pas  vide  de  sens.

 

Vingt-cinq janvier 2009 . Isabelle Le GOUIC – A conserver sous vide

 

Ce mobile rouge accompagné de ce texte ont été présentés dans le cadre de l'exposition Le Comble du Vide , musée Singer-Polignac du 19 septembre au 15 novembre 2009. Photo jlmi

 

 

 

 

Répéter pour ne pas disparaître     

un même dessin, deux visages

 

 

               

 

 

 

Des idées derrière la tête 1 à 4

 

 

 

 

 

 

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Une nuit à Paris


Une nuit à Paris
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  loto-dérision-Biographique

Isabelle Le Gouic a fait son débarquement le 6 juin 1962 sur les côtes bretonnes. Après ses premiers pas dans le sable, elle écrit ses premières poésies à portée de bac à sable, dès l'école primaire. Elle a très tôt le goût des mots et de la poésie et elle jette l'encre dans ses premiers cahiers dès l'âge de 9 ans.

A l'adolescence où la vie ne fait parfois pas marrer, elle berce sa mélancolie dans les marées de son vague à l'âme bien arrimé aux rimes de ses écrits.

Quelques années plus tard, attirée par les domaines des beaux-arts et de la littérature, elle se forme aux métiers du livre puis elle mène sa barque en travaillant dans des librairies de musées à Paris où elle jette l'ancre dans les années 1990. Son expérience en librairie n'est qu'un passage de 3 ans car la vie n'est pas sage. Les grains de sable de l'existence la rattrapent. Elle tombe malade et soigne ses maux dans un atelier d'écriture à l'hôpital Sainte-Anne et dans un atelier de peinture, dans un autre lieu de soins parisien. Ce sont là ses premiers pas artistiques où pinceaux et crayons sont des béquilles. Devenue moins pâlotte au contact de la palette, elle sort de sa coquille et fait ses premières expositions dans une galerie à Valence, dans un festival des arts en Isère, dans des restaurants et au Musée Singer-Polignac de l'hôpital Sainte-Anne à Paris. Elle promène son humour et son univers pictural dans ce musée où elle aime à muser et aussi dans les carnets qu'elle publie où elle aime amuser et émouvoir. L'écrit et l'image y sont intimement liés. Dessins, peintures, collages aiment se mouvoir dans le sillage de ses écrits. Isabelle Le Gouic se définit comme tête à plume et tête de l'art.

Des extraits de ces carnets sont exposés du mois de mai à fin août 2009 à l'entrée des hôpitaux universitaires de Genève.

En 2008, elle participe avec d'autres artistes à la réalisation d'une fresque au Musée Singer-Polignac sous la direction du peintre François Tortosa.

L'écriture de chansons est une autre corde à son arc-en-ciel bariolé. Elle y décoche des flèches en papier, les met en musique et s'accompagne à la guitare bien que cet instrument ne soit pas tellement dans ses cordes. Le la mineur la mine mais elle persévère.

Un récital de textes et chansons est prévu dans un café-théâtre parisien fin 2009 ou en 2010. Elle souhaite bien-sûr que cela ne soit pas un château (de sable) en Espagne.

Malgré les écueils de la vie, son humour en sort toujours vainqueur et, s'il y a un jeu qui lui réussit, c'est bien le loto-dérision.

 

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Bibliographie

 

Recueils parus aux éditions e/dite & centre d'étude de l'expression

Peut-être à la nuit close                    2007

A la limite et en l'état                     2007

Une quenelle, des Queneau                     2008

 

 

 

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