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Isabelle Le Gouic

...poète, peintre & chanteuse...

 

 

 

 

  Vers & Prose 

Il et le voyage intérieur

Sous le regard d'Amar Amara

Trois par trois 

Promenade au nord de Paris

La promenade du peintre

Âmes

Petit arrangement avec la mort

Citron bleu 

Le mauvais film de l'été

Un goût d'rond aux carreaux

Et si Cocteau se tait

Un soir, sur le bateau Daphné 

Proverbes croisés

L'imparfait du verbe être

Un coup de dés jamais n'abolira le hasard 

Trou de mémoire

Oscar

       Graphismes

Surimpressions

Voyages intérieurs 

Un autre regard 

Le nœud du problème & la clé du mystère

Cadavre exquis au musée Singer Polignac

Le Baiser de l'Aigle 

Du désir dans le dessin 

Des wagons dans l'Ô 

Vide

Répéter pour ne pas disparaître

Des idées derrière la tête 1 à 4

 

       Chansons

 

   loto-dérision-Biographique

 

    Bibliographie

oOoOo

 

 

    

    Vers & Prose

 

 

I L et le voyage intérieur

 

Lorsque la vie donne du fil à retordre et que la réalité est inacceptable,

I L souffre, et lorsque sa souffrance psychique devient trop forte, parfois,

I L se brise, se clive, se casse (se casse en deux et se casse pour un ailleurs). 

 

I                  L     

      

I L fut une entité, et I L est devenu un ex- I L.

I L se casse, se barre pour un E X I L, exilé de soi : de l’ex- I L à l’E X I L.

 

Clivé, I L s’isole de soi, comme sur une île (AS  IF) qui l’accueille :

Comme SI une île était en S O I.

En soi se trouve la terre d’accueil, terre d’AS île.

Terre de folie, terre d’asile psy. En soi, un I L : O 

Un îlot où I L se perd quand I L erre sur cette terre.

I L peut perdre sa santé quand (t)erre est sans T.

D’un I L qui semble entier, I L serait ôté : I L O T 

 

I L est parti, I L s’en est retourné,

retourné car I L est à l’envers dans la F O L I E. 

Est-ce un retour à la naissance ? Retour-né ? Clivage = clive âge ? 

Le clivage est-il un allier né ? Clivage, folie comme un faux ami où I L se délie.

FOLIE est faux LIEN en lequel pourtant I L croit :

Il y a une forme de FOI dans la FOLIE : I L avance au feeling (AS  IF). 

 

Certains diront qu’I L est nœud nœud, qu’I L s’éloigne de nous, qu’I L se

dé-nous, que loin de nous, I L se tire, se défile. En fait, I L se dénoue,

comme le F I L qu’I L est et qu’I L tire (sans faire Feux) et sur lequel 

I L marche, pendant que nous restons à jeux nous.

 

Etrange voyage intérieur, où marcher sur un FEEL,

revient à marcher sur des E.

C’est le nœud du problème, c’est l’équation à une inconnue qui est en SOI.

Cette inconnue, X, est le fil rouge de sa vie et peut conduire à un

 

E X I L  de  SOI.

 

mis en ligne en mars 2012
 
OOO
OO
O

 

 

Sous le regard d'Amar Amara

 

 

 

 
Amar Amara entra brusquement et parla avec effroi
de la décimation sous le fumier de l'idéologie,
du déclamateur sous le fumoir de l'idiome,
du déclin sous la fureur de l'idolâtrie,
du décochement sous le furoncle de l'ignominie,
du décollage sous le fuselage de l'île,
des décombres  sous le fusil-mitrailleur de l'illogisme
et du décompte sous la futilité de l'illusion.
 
Il cachait dans son dos
un cabinet rempli d'objections et de vapeurs,
une caboche remplie d'obscurantisme et de variantes,
un cabot  rempli d'observateurs et de vaudeville,
un cabri rempli d'obstétriciens et de vaudou,
un cacatoès rempli d'obus et de vautours,
un cachalot rempli d'occident et de vécu
et un cache-misère rempli d'occultisme et de velcro.
 
Il avait honte de tout, honte
de son papa en goupillon,
de sa papaye en goutte,
de son papelard en gouttière,
de sa papille en gouvernail,
de son papisme en grabuge
et de sa papule en graffiti.
 
Il posa son indulgence sur la table, comme d'habitude, et s'en alla.

 

 

 

 

Trois par trois

 

J'ai raté le train qui roulait entre les arbres. Les arbres roulaient sous les nuages, sur le toit bleu des wagons de nuit qui allaient trois par trois. La locomotive crachait mon ennui, car la nuit me nuit, et aussi des nuages bleu nuit, trois par trois. La vapeur cachait parfois la lune qui ne montrait qu'un quartier, qu'une partie pas partie. La lune montrait l'une, parfois l'autre. Elle n'était pas entière, elle n'était qu'en tiers.

Elle brûlait l'infinité des rails à toute vapeur. Les rails rattrapaient ma solitude et je m'y rejoignais.

Les vitres me regardaient et comptaient les vaches trois par trois. Ma solitude gagnait à me perdre et je perdais mon temps autant que mes printemps. Trois par trois, mes doigts tapotaient sur l'interdiction de se pencher dehors, d'abord en français, puis en anglais et en italien. Je me penchais sur les pas qui traînaient derrière moi et je n'avançais pas. J'attendais en français puis en anglais et en italien l'instant qui ne venait pas.

La gare était invisible, la salle des pas perdus se remplissait de mes doutes feutrés, l'horloge faisait des tic tac, trois par trois puis se taisait. Tic tac trois fois et je me regardais et tombais dans mon ombre. Un deux trois, soleil ! Le soleil luit, lui, quand moi je sombre, sombre. Les rayons dénombrent mes avatars. Il est trop tard.

J'ai raté le train qui ne m'attendait pas, alors ma solitude en a pris un autre. Les passagers étaient dans ma tête et ma tête voyageait. J'étais assise devant mes doutes, je les comptais trois par trois et ça ne faisait jamais cent. Alors, sans attendre son tour, mon sang faisait trois tours. Je doutais un peu plus, je faisais le dos rond et mes comptes étaient ronds. Le contrôleur passait devant moi et ne me voyait pas. Le cliquetis de la poinçonneuse me rappelait le parfum des lilas qui s'engouffrait dans des p'tits trous, toujours des p'tits trous.

Le train où je n'étais pas était vide de toute solitude et plein de brouhaha. Il crachait sa vapeur au museau des vaches qui broutaient trois par trois et giflait la lune parfois, je ne sais pas pourquoi. Je ne sais pas pourquoi ce train là ne voulait pas de moi. Alors, je chemine, ma solitude accrochée aux rails, en français puis en anglais et en italien, trois p'tits tours et puis s'en va, dans un tortillard qui n'existe que pour moi.

J'ai raté le train qui roulait entre les arbres. Les arbres roulaient sur les nuages, sur le toit bleu des wagons de nuit qui allaient trois par trois, sans moi, sans toi. Emoi...

Le train qui entre en gare ne prend plus de voyageurs. Je répète : Le train qui entre en gare ne prend plus de voyageurs.

  2011   mis en ligne juillet 2011

 

 

Promenade au nord de Paris

 

Il marche
vers le nord
dans les rues de Paris
 
loin de la Seine
 
loin des Champs déguisés
par des marchands
avisés
 
loin des Prés de Germain
si rarement fauchés
 
loin des bruits de fourchettes
du théâtre de l’ode à Léon
de Bruxelles
 
loin de la rumeur qui monte
de la comédie de boulevard
Saint Michel
 
Il marche
vers le nord
là où une porte de la Chapelle
s’ouvre sur Barbès
 
Il marche
vers le nord
encore
 
jusqu’aux dames de Pigalle
qui s’allongent
aux pieds des Abbesses
 
Il marche
vers le nord
encore
 
Il s’égare
pour mieux se retrouver
 
Le hasard le conduit dans un square
chez un autre Léon
qui se nomme Serpollet
 
Il lève les yeux
pour mieux se perdre
 
Il regarde
une silhouette
qui surgit de nulle part et qui danse
parmi les herbes denses et le béton
 
 
Le promeneur
se fait alors discret
 
Il s’efface
se cache
 
se fond
dans le béton
 
 
 
 
Promeneur dans la ville
et promeneur dans le temps
longtemps, longtemps, il attend
 
Là, à présent, il sait qu’il peut fermer les yeux
pour ouvrir la porte de sa mémoire
 
Ouvrir la porte
par laquelle des silhouettes semblent s’échapper à l’infini
d’un tableau d’Utrillo
 
 
 
 
Légères
elles dansent
elles dansent
sur les toits de Paris
comme d’agiles lapins
tout en haut d’une colline

 

 

 

La promenade du peintre

 

Il marche
en regardant ses pieds
sur le bitume enneigé
sur la ferraille des jours quand tout est gris
tête basse
tête perdue
il marche
 
Il marche
dans le vague
plonge dans le vide
dans le blanc des pensées
et se perd dans celui de la ville
 
 
Il marche
en regardant ses pieds
sur le bitume
sur de vieilles habitudes quand tout fout le camp
tête basse
tête perdue
il marche
 
Il marche
dans le vague
plonge dans le vide
d’un cercle
où se perd chaque regard
où s’égarer tout entier
 
 
Il marche
en regardant ses pieds
sur le bitume
sur des empreintes à emprunter
 
En harmonie
sans fronde
il se confond
avec elles
 
Il marche
dans le vague
plonge dans le vide
pour faire le plein de traces
 
 
Puis il décide de tout mélanger
dans sa tête
tout associer
la ferraille et les traces
 
 
Tout confondre
le bitume et la neige
l’empreinte et  l’acier
 
Quatre par quatre
dans son esprit
des images sont associées
 
***
 
A présent
il compose un carré tout enneigé
 
Il y intègre le cercle
et des formes variées
 
Promeneur dans la ville
et promeneur dans l’imaginaire
le peintre longtemps, longtemps 
s’imprègne  de ce mirage
jusqu’à ce qu’il soit bien fixé
dans sa mémoire
 
 
Là, à présent, il sait qu’il peut fermer les yeux
et attendre sa métamorphose en tableau
 
 
photos et peinture de ilg
 

 

oOoOo

 

Âme
L'âme minée
L'amie, mine laminée.
La     mie    de     pain
Tranche de vie, pain grillé,
Tu l'as  mise dans ma  bouche.
Mes dents se ferment comme une grille
Sur mes envies piégées, tous mes désirs grillagés.
J'ai  des  envies  de  désirs  coincées  entre mes  dents.
Piégé  dans  mon  palais, mon  goût  du  risque est empalé.
Désirs acidulés, désirs sucrés, désirs désirables, la mie de pain désirée,
Tu  l'as mise dans  ma  bouche, tranche de vie qui toujours émoustille.
Mes papilles répapillent, ma salive sautille, mie de pain mitonnée, miroitée, délice ami,
Tu   l'as  mise dans ma  bouche  ; La   mie  de  pain  amie,  amidonnée,  croustille,  titille.
Alors,    je   croque  la   vie   à   l'envie,   je   croque   l'envie  de   la  vie,   avide ,    ravie.
Désirs ravivés,  vivants et vivaces, les envies voraces varient dans ce joyeux charivari, je ris, revis.

 

oOoOo  

 

Privée d’r, la mort meurt d’asphyxie dans le mot.

Edmond Jabès

 

Petits arrangements avec la mort

 

 

DIEU nous a eus avec un U, car sans U, la vie file à l’anglaise

 

 

Ce manteau noir pas cousu de fil blanc

 

Un matin, à mon réveil, je me suis souvenu que j’étais en train de rêver que j’écrivais

sur une feuille blanche la phrase suivante, ainsi orthographiée :

 

La mort avance vers moi dans son m’entonnoir…

 

Alors, j’ai écrit ce qui suit, bien éveillée cette fois-ci :

 

Lorsque la vie se resserre, dans l’entonnoir, jusqu’à l’asphyxie,

c’est la mort qui se desserre et se sert au passage.

 

Dans son m’entonnoir, la vie me tricote un manteau noir fait de fils à retordre

pour donner à ma mort des allures respectables.

 

Ecrire à propos de sa propre mort, c’est une manière de canaliser ses peurs

dans lente eau noire.

 

La faucheuse passe parfois trop tôt : L’an tôt noir entonne la fin.

 

Alors, croquez la vie à pleines dents ! Quoique…

 

 

 

oOoOo

 

Citron bleu

 
 
 
 
 
  
citron bleu dit par isabelle le gouic 
accompagnement musical de patrick navaï
 
Le sommeil a pris ton empreinte et la colore de tes yeux.   Paul Eluard
 
J'ai allumé un citron bleu quand j'ai éteint l'orange.
La terre est bleue comme une orange,
papier bavard de Paul Eluard.
Eluard, élu art, l'art élu de Paul Eluard,
citons le, récitons le,
et nous réciterons aussi le véritable citron bleu,
bleu marine, le bleu badine, j'ai les mots bleus ressuscités.
J'ai su citer Eluard qu'a suscité ce drôle de rêve,
un citron bleu comme une comète dans ma tête comprimée,
un citron bleu qui fait la fête et qu'a envie de s'exprimer.
De mon sommeil chimique, naît la belle alchimie.
 
J'ai allumé un citron bleu quand j'ai éteint l'orange.
J'ai des marées montantes qui défient l'horizon
quand j'ai ce citron bleu qui défie la raison.
La lune a des pulsions au rythme du citron.
J'ai démarré mon slam sur la peau d'une orange,
je sais, les mots d'Eluard, nous les réciterons,
mais moi, j'ai le vague à l'âme, je divague, je dérive,
dix lignes font dix vagues, sur des pages, sur des rives,
des vagues à slam sans se lamenter, mon slam hanté par une orange.
Si j'ai la tête en marmelade, appelez-moi p'tite tête malade.
 
J'ai allumé un citron bleu quand j'ai éteint l'orange.
Le mot explose dans le fructose, j'ai le mot bleu qu'est pas morose.
J'ai le citron onirique, j'ai le citron qui ose la pulpe diabolique,
j'ai le citron atomique, le nucléaire qui gicle.
Joindre le zeste à la parole, le citron bleu en parabole,
c'est plus tonique, c'est plus comique.
J'ai les antennes au paradis, j'ai les pépins qui décollent.
C'est un vrai cas d'école quand le citron me grise.
Ce bleu m'aspire, ce bleu m'inspire, devient spirale qui électrise.
 
J'ai allumé un citron bleu quand j'ai éteint l'orange.
Slam, slamer, cela me berce et cela m'arrange.
La terre se terre comme une orange, l'orange est bleue, elle est aux anges.
Cela appelle un commentaire, car comment taire ce qui dérange ?
Moi je préfère le citron bleu, car il est bleu comme un losange
qui vole à tire d'ailes et qui excelle en excès de zèle du désir et du plaisir.
Le citron bleu est un néon dans le néant, c'est le nez rond de mon clown blanc.
Il n'est pas sage et à chaque passage, je m'éclaire au chocolat,
le temps d'un éclair ou le temps d'un éclat.
Cacao qu'est k.o. et zeste à terre puis se relève à la Saint Nicolas.
Le citron bleu, c'est comme un jeu,
c'est un carré qui est aux anges quand il devient losange,
c'est un 8 de carreau ou un 9 de chocolat.
Tonnerre de Brest ou de passage, il tonne, il détone.
Mille sabords ! J'lui rends hommage au capitaine qu'est pas piteux,
le citron bleu qu'est capiteux. Alors l'orange capitule sans préambule,
s'en prend aux bulles, s'en prend à tout mais elle ne comprend rien du tout.
Remontée comme une horloge, elle a des tic, elle a des tac,
l'orange mécanique. Quand elle attaque, j'ai mon éthique,
mais l'orange s'absente comme privée d'absinthe dans mon bal neuronal.
 
 
J'ai allumé un citron bleu quand j'ai éteint l'orange.
J'aime son grain azuré qui donne du grain à foudre.
J'récapitule, c'est capital, mon capitaine. Mon rêve ne connaît pas la trêve.
J'aime l'errance du pépin qui se prend un grain, un soir d'orage.
Mon par-dessus est tout mouillé mais j'avance aussi sec,
c'est que j'aime la pluie par-dessus tout quand elle tombe à l'envers.
Quand elle tombe sans ciel, je marche sur deux mains
dans le noir voilé de doux neuroleptiques.
Mon rêve est essentiel, j'avance vers demain,
avec un citron bleu en guise d'hypnotique.
J'éclaire ma lanterne à la lueur d'un bras, les antennes à l'envers,
les ans ternes allant droit, à l'endroit des revers.
 
J'ai allumé un citron bleu quand j'ai éteint l'orange.
Mon rêve bleu bercé de slam, je joins le zeste à la parole.
Moi, j'ai l'âme estivale quand l'orange s'éteint, quand l'agrume s'affole,
quand il change de teint, devient bleu comme la lune,
quand il brûle au fer bleu l'orange qui enfume,
quand il nous est offert bleu, éblouissant les cieux.
J'ai le citron allumeur qui zeste en l'air, un soir d'orage,
devant l'orange sans voix sur une voie de garage.
J'ai les neurones rieurs dans les fluides hypnotiques,
et l'orange déconfite a l'air d'un leurre dans un flou elliptique,
suspendue à un doigt, à un doigt de se perdre, à un doigt de l'oubli.
A la lueur d'un zeste plus bleu qu'une utopie, mon rêve est bien réel :
Mon songe n'est pas mensonge, voyez ce citron bleu sur mon papier bavard,
le rêve innerve, le verbe devient sève dans les lèvres, le rêve est verve,
le rêve  orfèvre, qui se faufile, que l'on enfile comme des perles.
Voyez ces mots qui dansent comme des archipels dans un feu d'artifice,
quand les anges sont bleus et slament dans les étoiles qui boivent au calice
au pays des merveilles.  
 
 
 
oOoOo

  Le mauvais film de l'été

 

                                        illustration ilg
 
Silence ! On tourne.
Moteur !
 
On tourne ?
Non, ils tournent
les gens du ministère
 
ils tournent le monde à l’envers
pour masquer leurs revers
 
ils tournent
ils détournent les faits divers
 
ils en inventent un inventaire
mais ils ne s’appellent pas Prévert
 
ils oublient
ils oublient jusqu’à s’oublier eux-mêmes
 
ils oublient que si la terre n’était pas nomade
la vie s’éteindrait
 
si les pensées n’étaient pas nomades
elles n’auraient plus lieu d’être
 
si les rires n’étaient pas nomades
ils perdraient tout leur sens
 
si notre sang n’était pas nomade
nos cœurs cesseraient de battre
 
si les êtres humains n’étaient…
 
Coupez !
 
Non, ne coupez pas !
Croyez moi, ce n’est pas du cinéma.
En cet été 2010, c’est une journée ordinaire, ou presque…
 
oOoOo
 
 
Un goût d'rond aux carreaux  
 
Faire danser les flaques
avec la géométrie,
les voir s'embrasser,
s'embraser
dans le feu du bitume.
 
Faire glisser le jour
sur un rail nocturne,
les voir se confondre,
se fondre
dans le bleu de nos pas.  
photo ilg
Faire vaciller les lignes
avec l'inattendu,
les voir jouer,
déjouer les habitudes
des cailloux trop polis.  
Faire des enfants à la pluie
avec des carreaux gris,
les voir se mirer,
s'admirer
dans le verre dépoli.
 
Donner aux carreaux un goût d'rond
et un goudron à la pluie.
 

oOoOo

Et si Cocteau se tait
C'est son visage qui parle
De sa difficulté d'être.
Je mets des couleurs sur son silence,
J'approuve son silence,
Je ressens sa force,
La force du mutisme, la force de son trait,
Face aux maux bruyants,
Sans doute était-il nécessaire,
Nécessaire de le faire, là et maintenant,
Dans la couleur de ce silence, un trait, un portrait,
La force de son expression, ultime lien
Au-delà de la déchirure.
 
ill ilg   coll particulière

 

oOoOo

Un soir, sur le Bateau Daphné
 
Ce soir,
je suis égyptienne
sur la plage du Prophète.
Non, pas celle de la côte phocéenne
où la nuit, parfois,
je posais mes rêves.
 
Ce soir,
je marche sur la Seine
et le Bateau Daphné
qui regarde Notre-Dame
accueille mes pas
et des voix amies
qui me parlent de là-bas,
de là-bas et d'ici.
 
Ce soir,
je suis syrienne aussi.
J'écoute le poète
qui ramasse le sable
qu'il sculpte
avec ses mots et sa voix de sage
pour lui donner le visage
de l'Amour.
 
Ce soir,
je suis persanne aussi
alors que d'autres voix amies
me font marcher sur les sables émouvants
de leur univers
aux racines si lointaines
et si proches à la fois.
 
Ce soir,
sur un bateau solidement amarré
au quai de la Seine,
bercée par le piano
qui joue en écho au clapotis de l'eau,
je voyage, éclairée par les mots
et par la lumière étrange
des vagabondes péniches
qui s'invite au travers des hublots.
 
Ce soir,
je traverse le monde,
je suis ici et là-bas,
je suis de tous pays
avec, pour langage universel,
la Poésie de l'Amour
et l'Amour de la Poésie.

 

oOoOo

 

Proverbes croisés

La nuit, l'oiseau fait son nid.
Petit à petit, tous les chats sont gris.
 
Qui aime bien
Après la pluie
Châtie bien
Le beau temps
 
Les absents font les bons amis.
Les bons comptes ont toujours tort.
 
Qui aime bien
Jeux de mains
Châtie bien
Jeux de vilains
 
La nuit, les borgnes sont rois.
Au royaume des aveugles, tous les chats sont gris.
 
Mieux vaut être seul
Plus on est de fous
Que mal accompagné
Plus on rit
 
Après la pluie, le larron.
L'occasion fait le beau temps.
 
A Seigneur
Qui aime bien
Tout honneur
Châtie bien
 
Qui vole un balcon, vole un tison.
Pâques à l'oeuf, Noël au boeuf
 
oOoOo
*****
 
L'imparfait du verbe être
Ligne de mots tirée au cordeau,
Paroles nouées, mots liés par le verbe,
Pensées déliées.
Musique des mots accrochée à la rime.
Corde serrée au nœud de l'angoisse.
Corde à sauter ou corde au cou,
Le nœud s'accorde au temps qui court.
Le verbe s'accorde à son tour, en son temps,
Au passé simple si compliqué,
A l'imparfait désenchanté, imparfait du verbe être, à l'imparfait de l'être.
Cordes désaccordées de l'anxieuse mélopée,
Floppée de mots jusqu'au croche-pied, une croche, six pieds.
Ligne de mots tirée au cordeau,
Corde qui enlace, qui entoure, qui enserre,
Jusqu'au nœud, jusqu'au mot qui déchire.
Corde amie ou rebelle,
Crayon qui tricote et qui tisse des mots amis, des mots alliés,
Ou parole défaite, corde qui s'effiloche,
Une croche qui décroche, six pieds qui trébuchent.
Le noeud s'accorde  au temps qui passe,
Corde amie ou assassine,
Corde lovée, still love me,
Ou corde raide.

 

oOoOo

 

Un coup de dés jamais n'abolira le hasard 
d'après le titre de Mallarmé
 
C'est comme ça, m'a dit Sainte Rita
C'est une pile de feuilles à mettre dans la balance
C'est un rêve ramassé au pied d'une balançoire
C'est un cri écrasé entre des doigts d'enfant
C'est une larme où flottent des vaisseaux,  fantômes de l'enfance
C'est un avant qui s'efface dans la paume de la main
C'est un après qui se glisse dans l'aventure d'une ride
C'est un rayon qui ne compte que jusqu'à 3,14
C'est un cercle vicieux qui est dans la lune
C'est un croissant qui s'étourdit dans le quartier chocolat
C'est une plume qui s'amuse et ne dit pas son nom
C'est une envie d'écrire qui ne dit pas non
C'est un caprice onctueux pour les dieux, enfantin pour les cieux, lacté pour les deux
C'est un espoir sous la caresse
C'est un souffle léger sur le sable des habitudes
C'est une dune blanche comme un sein, bleue comme l'île de Sein
C'est un pas de côté à côté de Calais
C'est une blague enlacée autour d'un malabar
C'est une ritournelle qui ne vaut pas un rond
C'est bien la preuve que je tourne en rond
C'est l'envie de plaire avec un crayon
C'est aussi la peur d'en découdre avec mon histoire
C'est un dé à coudre pour éviter les coups
C'est un coup de dés sur le fil du hasard
C'est le noeud de l'histoire coincé dans un châ-mot
C'est une bosse de trop
Stop ! Le fil va casser.
On ne peut pas tout dire.

 

oOoOo

 

Trou de mémoire
 
J'ai un blanc fait de noir, un tout blanc, un néant, un trou noir. J'ai un blanc fait de noir sans raison, sans savoir. J'ai un blanc tout béant, déraison dérisoire. J'ai un blanc fait de noir, aube claire faite de soir. Je vois blanc, je veux croire, je vois noir quand tout foire. J'ai un blanc fait de noir, trou de mémoire à mon histoire, sans raison, sans savoir, un trou blanc, un trou noir. Ca dépend du vent, ça dépend d'avant, ça dépend des soirs, tout ça reste à voir. J'ai un blanc fait de noir quand je bois mes déboires, pas de p'tit blanc qui aigrit, mais un p'tit noir pour y voir ma mémoire dans le marc. C'est troublant ce trou blanc, c'est troublant ce trou noir. J'ai un blanc fait de noir, sans raison, sans savoir. C'est glissant comme le blanc d'une patinoire, comme le savon blanc dans la baignoire. Sans raison, sans savoir, je suis un été blanc sous l'éteignoir. J'ai un blanc fait de noir. C'est accablant, c'est un cas blanc, c'est un cas noir. Sans faire semblant, j'ai le sang blanc, j'ai le sang noir quand papier blanc devient grimoire sous l'encre noire criblant le blanc.

 

... J'ai un blanc fait de noir, un tout blanc, un néant, un trou noir.J'ai un blanc tout béant, déraison dérisoire.

 

oOoOo

 

Oscar

 

Oscar portait toujours
à sa boutonnière, une fleur des champs,
à sa bouture, un fleuve de champignons,
à son bovarysme, un flic de chancellerie,
à son boyau, un flocon de changement,
et aussi à son boy-scout, une floraison de chanoines.
 
Il s'appliquait à respecter
les coutumes de la région de son enfance,
les coutures du registre de son enfer,
les couvées du règlement de son enfièvrement,
et les couvre-feux de la réglisse de son enflure.
 
Il avait toujours eu peur de perdre
sa raison et sa santé de fer,
son ramage et son saphir de fermentation,
ainsi que son ramasse-monnaie et son sarcophage de férocité.
 
Oscar avait du caractère, des peurs et des boutons.  

 

*****

 

Graphismes

Surimpressions

mis en ligne mai 2012

 

Voyages intérieurs 

mis en ligne mai 2012

 

Un autre regard

 

Le Nœud du Problème & la Clé du Mystère

 

         

                j'avance, je dénoue, je ''dé-nous''                                                    si les clés ont la dent dure, elles ouvriront des portes

 

 

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Cadavre exquis au musée Singer Polignac

Une dizaine de secondes sont nécessaires avant l'apparition de l'image. Patience !!!

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Le Baiser de l'Aigle

 

 

 

Du désir dans le dessin 

 

 

Des wagons dans l'Ô 

 

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V    I    D    E

 

 

Le vide en un cercle vertueux plein de vides et de pleins et déliés

 

V    I    D    E .
V    i    d    é    e    s .
A     v  i  d  e   :   A  v  i  d  e  .
Le vide remplit-il une fonction ?
La providence comble les désirs
tandis que la viduité compte les vides nuitées.
Ô Ovide qui fîtes le plein de métamorphoses !
Vi(d)e  :  Le  d  en est jeté et il reste la vie.
Le vide, en avalant le plein,  il le v(al)ide en amont.
Peut-on évider l'évidence de son sens ?
Faire le vide, mais avec quoi ?
Plus qu'un pas face au vide,
face au  trou  abyssal :
Alors, deux réactions sont possibles :
Demeurer   i m p a(s)v i d e,
o u  d e v e n i r   l i (t)v i d e ,
V I D E  d(')e(n)v i e.
«Pà    é  v  i  d  e  n  t ,
C e   p a s   é v i d a n t
pas  vide  de  sens.

 

Vingt-cinq janvier 2009 . Isabelle Le GOUIC – A conserver sous vide

 

Ce mobile rouge accompagné de ce texte ont été présentés dans le cadre de l'exposition Le Comble du Vide , musée Singer-Polignac du 19 septembre au 15 novembre 2009. Photo jlmi

 

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Répéter pour ne pas disparaître     

un même dessin, deux visages

 

 

               

 

Des idées derrière la tête 1 à 4

 

 

 

 

 

 

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   Chansons

 


Une nuit à Paris
envoyé par editionsedite  

 

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  loto-dérision-Biographique

Isabelle Le Gouic a fait son débarquement le 6 juin 1962 sur les côtes bretonnes. Après ses premiers pas dans le sable, elle écrit ses premières poésies à portée de bac à sable, dès l'école primaire. Elle a très tôt le goût des mots et de la poésie et elle jette l'encre dans ses premiers cahiers dès l'âge de 9 ans.

A l'adolescence où la vie ne fait parfois pas marrer, elle berce sa mélancolie dans les marées de son vague à l'âme bien arrimé aux rimes de ses écrits.

Quelques années plus tard, attirée par les domaines des beaux-arts et de la littérature, elle se forme aux métiers du livre puis elle mène sa barque en travaillant dans des librairies de musées à Paris où elle jette l'ancre dans les années 1990. Son expérience en librairie n'est qu'un passage de 3 ans car la vie n'est pas sage. Les grains de sable de l'existence la rattrapent. Elle tombe malade et soigne ses maux dans un atelier d'écriture à l'hôpital Sainte-Anne et dans un atelier de peinture, dans un autre lieu de soins parisien. Ce sont là ses premiers pas artistiques où pinceaux et crayons sont des béquilles. Devenue moins pâlotte au contact de la palette, elle sort de sa coquille et fait ses premières expositions dans une galerie à Valence, dans un festival des arts en Isère, dans des restaurants et au Musée Singer-Polignac de l'hôpital Sainte-Anne à Paris. Elle promène son humour et son univers pictural dans ce musée où elle aime à muser et aussi dans les carnets qu'elle publie où elle aime amuser et émouvoir. L'écrit et l'image y sont intimement liés. Dessins, peintures, collages aiment se mouvoir dans le sillage de ses écrits. Isabelle Le Gouic se définit comme tête à plume et tête de l'art.

Des extraits de ces carnets sont exposés du mois de mai à fin août 2009 à l'entrée des hôpitaux universitaires de Genève.

En 2008, elle participe avec d'autres artistes à la réalisation d'une fresque au Musée Singer-Polignac sous la direction du peintre François Tortosa.

L'écriture de chansons est une autre corde à son arc-en-ciel bariolé. Elle y décoche des flèches en papier, les met en musique et s'accompagne à la guitare bien que cet instrument ne soit pas tellement dans ses cordes. Le la mineur la mine mais elle persévère.

Un récital de textes et chansons est prévu dans un café-théâtre parisien fin 2009 ou en 2010. Elle souhaite bien-sûr que cela ne soit pas un château (de sable) en Espagne.

Malgré les écueils de la vie, son humour en sort toujours vainqueur et, s'il y a un jeu qui lui réussit, c'est bien le loto-dérision.

 

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Bibliographie

 

Recueils parus aux éditions e/dite & centre d'étude de l'expression

Peut-être à la nuit close                    2007

A la limite et en l'état                     2007

Une quenelle, des Queneau                     2008

 

 

 

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