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Gaëlle Josse

   Vers & Prose
   

      ...oscillations...

    Sysiphe's blues  

    Tambours frappés à mains nues

    Graphisme
    Bio
    Biblio

***

Vers & Prose

 

 

...oscillations...    extraits 3-fin

 
nirvanantes échappées le long
des étiers
habités de libellules rouges
 
bocageuses songeries
toutes amarres déliées
 
*
 
laisser la parole à la voix
qui parle
sous
l’autre voix celle
du jour
 
l’écouter
en-gorgée
 
& seule à dire
 
*
 
vestiges de long séjour
perdu les photos
les souvenirs à péremption
rapide
 
ai trouvé les tropiques tristes sous les fleurs et
beaucoup de moustiques
oui la mer & les poissons clowns les coraux parme et bleus mais
pas possible de
passer toute la journée
 
sous l’eau
 
*
penser aux fêtes
galantes des tableaux taffetas crissant et
cache cache dans les buissons jeux d'eau
troublée d'amour vos beaux yeux belle
marquise bander me font
 
*
écrire pour reproduire une note entendue
en songe
sage femme &
parturiente de ma voix
 
*
 
le bruit des jours comme une mer/une rumeur
d’autoroute qui monte au-dessus des blés
piste de lecture 04 Concerto italien aux oreilles
le train effleure les maisons
 
les notes longent
les toits aigus/jardins riquiquis trémières débordantes/balançoires
 
bientôt les tours de
la Défense & tout le monde taille playmobil
dans ses petits tours de piste tout à l’heure
ce sera mon tour  
 
ill   jlmi
 
*
 
ce qui reste d’un lieu
les tamaris & leur rose
assourdi
 
les vélos odeur de piscine
maillots mouillés
les pelles en fer liserées de rouille raclant bitume
les tourelles pont-levis en sable décorés coquillages &
jouer à la marchande
 
les bateaux immobiles sur le trait de l’horizon
l’île en face allongée
dans son mystère
 
persistances rétiniennes
 
étranges
 
je porte en moi tous les rêves
du monde au fond de mon sac un livre de Pessoa
sous les clés les factures les stylos agenda
maquillage et tout
le bazar ça pèse une tonne mais
le poème rien à faire léger
il reste  

© almada negreiros

 

...oscillations...    extraits 2

se montrer gaie dans le torrent des jours
polie pour le monde
évite la noyade
 
attente
de l’envol
des oiseaux posés
aux branches
 
envie d’écouter l’arbre dans son silence
 
libre dans ses
ligneux assemblages
ses contre chants
 
son pas de danse
 
*
 

le ciel s’est hissé bleu

derrière des jours de patience

grise

envie d’écouter un CD un truc gai des cuivres que ça pète

d’ouvrir les fenêtres

céder aux

ondulations

du jour

 

& la joie

prise

 

de terre

 

*

 

en bord de voie ferrée

déploiement de coquelicots

étourdis de vent

 

trop de vitre

de vitesse pour toucher les pistils violets

mémoire remuée

leur poudre sombre

sur les doigts les joues

 

éclair enfance/jardin suspendu

 

*

 

envie de

rien juste

guetter les bateaux qui rentrent compter

les vagues &

 

recommencer

 

le jour a filé

 

pas de souffle aujourd’hui

ni fifres ni sistres ni

galipettes

 

*

 

voix des sirènes

voix dé-tourneuse dé-routeuse

dé-routante dé-rivante

dé-riveuse

curieuse de l'entendre une fois depuis le temps

qu’on en parle

 

il y a des gens qui nous font cet effet-là

aussi

 

*

 

de grandes peines parfois 

pour pas grand chose juste

grosse fatigue Alexandre

je crois a pleuré Bucéphale 

et lui c'était un héros

 

***

...oscillations...    extraits 1

………et nos courses de haies
à contre
temps contre
pied contre
champ
 
personne n'a dit que c'était facile
 
*
une lampe à la fenêtre
geste de vie
s’en jouent des choses
 
aux fenêtres
le dormant/ le battant
& nos doigts entre les deux
 
*
on s’habitue à tout
sûrement pas jamais
jamais
jamais
on voit où ça mène colère qui monte &
une envie de mordre pas
poétique
du tout
 
*
clic et zap c'est ça
la vie
maintenant
pourquoi pas ?
 
avec
quelques regrets parfois
 
jurassiques certes mais
 
*
…pour votre sécurité
votre vie est sous vidéo
surveillance merci
 
et bonne route j'ai dû
me tromper
 
quelque part
 
oublié de sourire
à la caméra
profils perdus d’avance et lignes de fuite
sans perspective
 
*
tu la kiffes ta life ?
certains jours pas tous car
violent tout ça très violent
souvent trop
 
*
nous sommes des fichiers temporaires à mémoire vive les souvenirs  enregistrer sous/
 
*
chantier ouvert fenêtre sans rideaux il y a des gens qui vivent là sûrement ils n'en rêvaient pas
 
*
on s'attache se tache salissante la vie forcément
 
*
lignes de faille : découper selon le pointillé mais doucement s'il vous plaît & ne me secouez pas etc...
 
*

 

 

Sisyphe's blues  

................... la vie n'est pas où on l'attend ce qu'on guette comme une mousson porte rarement les pommes d'or espérées - désespérant jardin des Hespérides - nos chimères ont des ailes et nous croyons nous envoler mais leurs griffes - les oublie-t-on leurs griffes ? - elles déchirent nos menus assemblages de branches de poussière chaque jour Sisyphe en baskets nous reportons le rocher pèse de plus en plus lourd ou c'est la montagne qui est de plus en plus haute pas facile à dire question de point de vue me direz vous

extrait de "Tambours frappés à mains nues"

 

tambours frappés à mains nues

 

…………………………………… ruisseaux souterrains contournés multiples eux qui nourrissent nos vies nos songes parfois sourd à la surface un peu d’eau pas beaucoup plus au creux des mousses entre les pierres toi tu rêves des hortensias de Coïmbra des citronniers de Sorrente de l’arbre du voyageur des tambours frappés à mains nues qui racinent loin dans la terre loin dans le ventre & de tant d’autres choses trop grandes toujours trop grandes un jour il faudra ranger remiser ces parfums ces couleurs mais ce jour-là tu mourras m’as tu dit ce que tu attends c’est l’instant où quelque chose se noue l’infime événement avènement survenance dans la course grise -chaque matin il faut reprendre le départ- et parfois tu n’es pas sûr de vouloir mais personne ne peut vouloir pour toi comprends-tu 

 

extrait de "Tambours frappés à mains nues"

***

Graphisme

 

encre sur papier                                                                                   2008

 

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Bio 

L’auteur(e) de ces lignes est née en 1960 dans une ville calme (très calme) de province, dans une famille où on lit et où l’on écrit.

Etudes de droit (quelle idée, grands dieux !), de journalisme (sympa, mais pourquoi n’y apprend-on pas à se poser des questions avant de poser des questions ?), et diplôme de psychologie clinique (mémoire sur les troubles du comportement alimentaire si vous voulez tout savoir).

A travaille à Paris dans ce qu’on appelle la com avec avis très réservé sur l’utilité sociale de ce secteur, puis quelques années en Nouvelle-Calédonie. Découverte des antipodes à tous points de vue et application de la théorie de la relativité.

Au retour, installation dans un (charmant) petit village des bords de Seine, travaille à nouveau à Paris, dans un magazine (pas littéraire) et un site Internet (pas poétique), cela lui permet quand même d’écrire et de rencontrer des gens, donc ça va.  Passe beaucoup de temps dans les trains.

Elle est mère de deux filles (ados plus grandes qu’elle maintenant, ce qui tend à confirmer que le temps passe).

Et l’écriture là-dedans ? Temps de latence particulièrement long observé chez le sujet, premières publications en revues en 2005.

Contribue avec grand plaisir à la revue de JM Bongiraud Pages Insulaires, et un peu aussi, avec autant de plaisir, à Traction-Brabant, chez Patrice Maltaverne.

Anime également des ateliers d’écriture et des rencontres autour de l’écoute d’œuvres musicales.

 

Aux questions « pourquoi écrire, écrit-on trop, à quoi ça sert ? » et toutes ces interrogations poético-métaphysiques, l’intéressée avoue : pas de réponse, trouve ça normal et ne peut s’en empêcher.

Plus sérieusement, la poésie lui semble le plus sûr chemin vers l’essentiel. Et ajoute qu’un peu de nuance dans ce monde de brutes ne saurait nuire…

Aime : ne pas regarder la télé, ne pas envoyer de SMS, jouer du piano (avec plus de persévérance que de talent, hélas), la Mitteleuropa et l’Italie, avec les langues, les livres, les villes et les musiques qui vont avec, les arbres, les chevaux, marcher en ville, regarder les gens dans le métro, la peinture, la photo, lire, écrire et partager le tout  avec ceux que ça intéresse.

 

 

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Biblio  

Publications en revues : Arpa, Voix d’encre, Friches, Lieux d’Etre, N4728, 7 à dire, Florilège, anthologie Parterre Verbal, Hélices…

Recueils :

  • l’empreinte et le cercle, Encres Vives 2005

  • signes de passage, chez Hélices/Poésie terrestre 2008

  • tambours frappés à mains nues, Prix d’édition poétique de la Ville de Dijon 2009

  • castillanes.doc/, Encres Vives collection Lieu, juin 2009

  • carnets du Leonardo Express, Encres Vives collection Lieu, octobre 2009

     

 

en préparation : Train de vie, et Bois flottants, avec des dessins de Véronique Soriano

  *

et parce qu’aujourd’hui un poète sans son blog n’est pas plus imaginable que Tom sans Jerry ou Dante sans Béatrice… (compléter ad libitum…) http:/www.gaellejosse.kazeo.com  & http://www.helices.fr/helices/josse.html

 

 

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