Anna Jouy

 

 

 

 

 

Poèmes / Prose / Bio-parapluie / Biblio-paral'aile

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Poèmes

 

 

 

Sommeil

ill.AJ

 

les membranes célestes enfantent le chant de l'averse
ralenti épidermique d'un jus d'anges.
humains sentez vos chairs battre tambour et mettez vos yeux au diapason humide
la guimbarde de l'univers envoûte vos squelettes brindilles
et vos vibrations
lentes vastes éperdues
hantent l'utérus de la mort
je suis en apesanteur
volière ébruitée
par magie et abracadabras
l'hypnose des horloges sidérales soulève mes frissons
et dans ce sommeil de narcose
je noue une à une
les cordes pluvieuses des violons

 

 

Rien 
  

  ill.AJ

cinq sens  ce n'est pas assez d'inventions chez les dieux pour te prendre
je n'ai levé aucun corps volant aucun cerf
le ventre- brâme n'est pas la porte vierge d'une nuit d'arbres
et ce crin de voix ne chute pas dans mes labyrinthes
et ce goût de peau ne bruisse pas sous ma lèvre
et cet horizon lourd à plomber mes mots
et ces gaz toxiques de te perdre à pleins poumons
rien entre mes doigts pour te prendr

Insomnie
 

ill.AJ

 
dessine-moi un oiseau, j'en ai assez des moutons
même gris, même brisé de ciment.  découpe  un battement volatil, cette humeur , même goudronnée, qu'on dirait transpirée des sépulcres. mets-moi ce vol à la page, tout charcuté de doigts de bagues de précieux  ergots. et puis son bruit de fenêtre ouverte, cette lame obstinée à cisailler la nuit .
dessine-moi tout ça qui se tient sur ma branche, même corneille même pigeon, ces volailles de gencives à nerfs. j'en peux plus de ne jamais rêver, de faire mes équilibres sur le parc des ouailles et de tisser chaque nuit des laines interdites.
dessine-moi un oeil de côté, un os à chanter  de la plume et puis de l'air , de l'air à découcher

 

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lettre de la nuit à son matin
  
 
matin mon éveil, matin mon trait d'esprit sur le songe que j'abrite. toi et tes pleins tes liés d'espérances
ton éventail d'heures promises à mes images que tu déploies à l'ombre des cheveux
je te regarde si las encore replié dans mes draps
noir et sombre  au puits de ce que je suis
je te regarde lourdes épaules
de la sueur et du ciel de l'atlas étendu pour moi
respirant mes enfants tous ceux que tu hisses
mes rêves filles  mes désirs garçons
matin  porteur d' eaux laboureur  semeur
Anthropos matin que je grimpe et chevauche pour aborder ma mort
ma dernière force, toi matin qui recueilles entre tes doigts ouverts mes fentes de terre et qui t'en vas
habillé de mon âme ou d'amour
faire et défaire les liens de  nuit 

septembre 2010, mise en ligne évazine juillet 2011

 

 

 

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Prose

 

 

 

ici Gare de lyon

 
ll. jlmi

ici gare de Lyon, quelque part le clodo d'Amina Saïd est là. j'ai lu dernièrement son texte plusieurs fois. je viens d'en croiser un avec des yeux.
regard gris et profond comme une cathédrale orthodoxe. d'où vient sa mélancolie, sa voix, le son de cette voix si ce n'est d'une autre vie? ses yeux plantés dans les miens. me sens en communication avec l'intense. étrange sentiment. un jeune russe - je dis ça je l'ignore mais sa casquette est inscrite de lettres cyrilliques. il écrit face à moi , son moleskine ouvert. je lis Lambersy, qui lui est en Irlande. ce qu'il dit est si parfait que je referme aussitôt. je ne lis pas longtemps ce que j'aime trop. cela me perturbe fondamentalement.
le gros rappeur 140 kg d'en face est parti ; le pince cul à ma droite et qui n'a pas voulu garder ma valise pour me permettre d'aller au WC, aussi.
là je sens une libération au bordeaux. je me laisse flotter. le vin m'entraîne dans un joli canal, chenal, rail, épouvantail... vitale gare de Lyon. un "femala " -homme à femmes en patois- vient de se poster en vis à vis. étriqué soigné parfumé avec ce petit air de sortir de sa douche qui en dit des sueurs sur son ego. n'a pas l'air simple, même cette obsession d'un poivrier pour gravillonner son steak, pure vache.
je n'observe même pas, j'épie par les sens, tandis que la musique de Massenet semble faire un contrepoint ridicule à l'instant brut des choses. il est 13 heures ici ailleurs. La Terre a encore tourné et tandis que je passe mon temps à gribouiller des carreaux dans mon cahier, on se frotte sans doute les dents à la pâte à dent, le dentifrice blanc, blancheur blanche pour se revêtir d'oies et d'ailes d'un désir mentholé
je pense- je vous aime-. C'est assez idiot pour valoir son pesant de femmes. Elles ont semble-t-il le don du don. Amour gratis rien en retour ni en avance non plus. so tipical, la connerie c'est une paire de seins dans le paquet Bonux.

mis en ligne mai 2012

 

 

m'étendre , me détendre.  

egon schiele     nu féminin     aquarelle & crayons

 

la petite arracheuse de poils navigue de droite et de gauche affûtant ses outils, ses très vieux outils de tortionnaire. gracieuse minette aux petits pas joyeux  de geisha avec au centre d'elle l'étrange feu des napalms- ah!! dé-forester ces territoires apaches,  dé-touffer les plaines et les deltas, la jachère la jachère pure !   à tout prix !  sans état d'âme autre que celui de faire "propre en ordre".

je l'examine réchauffant la colle, préparant ses ongles mignons à leur tâche saisissante. elle me sourit et me couve comme l'objet d'un rare instant de pur délice.  mais  tout en moi est tendu.  je pratique une retraite intérieure je tente avec une obstination de jeune convertie de réduire mes surfaces à un minuscule carré de gazon, à peine de quoi imaginer un golf miniature. mais elle touille ses huiles, ça bout , ça clapote et ce n'est pas la seule matière en ébullition dans la pièce zen couverte de posters glabres, impressions sur papier glacé.

mes doigts cherchent un soutien une compassion fébrile  dans la mousse de la table., je griffe l'acier toutes serres dehors , crampons pitonnés dans la table des vertiges.  j'étire mes lèvres sur sourire et pincettes et je tends le cou bien haut comme si on allait ô suprême injustice me guillotiner la tête en l'air.

la jeune officiante me regarde à peine. n'ai-je pas cependant offert à son sadisme joyeux  de quoi s'affirmer et croître encore ? pitié !

elle me fixe soudain  et ses doigts s'agitent  et gigotent au- dessus  de mon pauvre corps.... je sens soudain une plaque , que dis-je une claque de cire " s'éclaffant "sur le seul Mont de tout mon paysage, volcan provisoire. le sort en est jeté. dans une minute, une toute petite minute, ma terre aura encore perdu l'espace d'un grand terrain de foot  de précieuse forêt vierge !... catastrophe écologique pour le profit de la multinationale du plaisir... ô ô triste Gea que l'on meurtrit.

 

septembre 2010, mise en ligne évazine juillet 2011

 

 

 

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Bio-parapluie

 

je suis née en 56 en Suisse romande /Fribourg .
les Français  n'aiment pas trop les Helvètes... ma foi je peux pas dire que je suis  Belge !
j'y vis et j'y travaille. je suis une âme errante. 
je travaille dans un centre de formation pour des jeunes femmes en grandes difficultés de vivre.

’’m'asseoir à nouveau souvent dans  le petit ruisseau et ses algues qui courent vers on ne jamais où, avec le même vent de fraîcheur qu'il y a dans les cheveux...là oui cela mériterait bien mon retour en enfance.

bon, après on ne sait juste plus pourquoi toutes les rivières ne vont jamais que sur une mappemonde. c'est là que le mystère commence, la source des épuisants rapides. je coule encore.   

le fleuve Amour par exemple c'est pas si loin  qu'on croit de la rivière Kwaï et le  Missis Hippie des chutes du Rhin…moi pour ce dont je me souviens j'aimais les histoires d'ô mais une soif de rageuse avec le mors aux sangs.
       
je suis de la navigation intérieure, continentale- incontinentablement aussi-. avec de l'eau de moraines et du glacier apéritif.
mes fusions liquides  n'ont pas mêlé couleurs ou températures et depuis le vent on a toujours vu que mes embrasses ne faisaient aucune alchimie. je ne désespère pas pourtant des tourbillons futurs pour me rendre suave     

là je sens venir la mer, le delta est calme mais habité enfin d'oiseaux...
possible alors que ce projet de vie d'une crouillotte le cul dans l'eau et la tête au ciel se réalise enfin.’’   

je fais des mises en scène de spectacle et théâtrales, plus très souvent d'ailleurs
j’écris aussi des textes pour des musiciens     

une vie hyper ordinaire

 

rue de Fribourg vue par Spencer Tunick 
8 juillet 2001

 

 

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Biblio-paral’aile

 

http://www.annajouy.ch/

 

polars de proximité
 
la morte du lac de Pérolles
les Fribourgeois meurent-ils? 
qui a tué le grand Codourey?..
téléphones et sonnettes   
tous aux éditions de la Sarine Fribourg   
poésie
 
ciseaux à puits / Polder Décharge 
la mort est plus futée qu'une souris/  Anna Jouy – Alain  Simon  Ed. Le pas de la colombe 
au crible de la folie / Ed Atlantique 

 

   

 

 

 
en cours de diffusion :  ces missiles d'allégresse / Ed. Atlantique

 

Edition à tirage limité et numéroté – 45 pages - 15 €

illustration Cathy Garcia



 

 

 

 

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