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Musiques à partager...

 

Ici, des propos sur la musique des uns ou des autres... aux couleurs de "billet d'humeur" et la musique qui va avec !

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Au Programme

 

  J. Brahms : Intermezzo n°1 op. 117 (1892)         par Gaëlle Josse

En écoutant le voix de Cathy Garcia                   par Gaëlle Josse

  Le "Jaurès" de Brel version Zebda        par Bruno Toméra 

  "Requiem" & "Avec le temps" de Léo Ferré            par Bruno Toméra

  "Take Five" de Dave Brubeck            par Isabelle Le Gouic

  Slade "Cum On Feel The Noize" & The Cure "Just Like Heaven"      par Bruno Toméra

 

 

 

 

 

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Slade " Cum On Feel The Noize" & The Cure "Just Like Heaven" 

 

 

 

ça sent le fute à pattes d'ef, la 104 peugeot, les cheveux longs,
les boutons sur la tronche, le litre étoilé qui roule sur le plancher,
la gauloise bleue et la petite "bandidos " à coté avec ses premiers collants
et sa mini raz la touffe écossaise avec le radio cassette à fond la caisse
vers la prochaine fête foraine et ce tour de chenille et la loterie
de l'immense peluche et la barbe à papa que l'on dévore à deux
mélangée dans ces bécots pubères et baveux et ce foutu p'tit coeur
qui se demande ce qu'il lui arrive et qui en demande encore encore et encore. 

 

      

 

et 15 ans plus tard, en désintox, avec les cheveux longs, la larme facile, 
l'allure corbeau de la petite " Bandidos " qui voulait plus de baisers baveux, 
les futes se sont rétrécis made in china, le baladeur avec écouteurs est plus léger, 
le cœur est plus chargé, qu'importe on entame le long cheminement d'un corps vers un autre corps 
avec d'autres émotions, on copule le brin d'herbe ou simplement la raison d'être, 
on aime encore et encore 
et on en veut encore et encore  
 

 

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"Take Five" de Dave Brubeck

 

J'écoute Take five, les yeux fermés. Mais quelle est sa couleur ?
 
Un swing dans la mélodie,
un rythme imprimé par Dave Brubeck au piano,
sur le clavier, des noires, des blanches... Et pourtant...
 
Un souffle accroché au saxo de Paul Desmond,
des notes qui s'envolent de la portée, des noires, des blanches... Et pourtant...
 
Des silences insufflés par Joe  Morello dans son chorus à la batterie,
Des blancs, du noir... Et pourtant...
 
Du noir et blanc ?
Non, fermez les yeux...
 
Je crois que Take five est bleue.
 
 

        

   version SWING-HOME-TRIO

 
On n'est pas sérieux quand on a 2 fois 17 ans...  
On chope cette musique-là, on la fait sauter comme des gouttes de pluie sur des cordes :  
IT'S NOT A MISTAKE, IT'S JUST A JOKE !
 
Allez les gars, on n'est pas tristes ce soir.
Take five colle aux tympans puis décolle autrement.
 
Fermez les yeux...
La guitare embarque jusqu'à deviner la sensualité des collants.
 
Vertu de l'impromptu...  
Non, je sais, on n'est pas sérieux quand on a 2 fois 17 ans.
 
 

 

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"Requiem" & "Avec le temps" de Léo Ferré

 

 

Ce mec quand tu l'écoutes à 14 balais, ça fait un

merveilleux dégât, je vous le souhaite à tous.

 

               

 

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Le "Jaurès" de Brel version Zebda

 

BORDEL  
Il feule grave le chat dans le quotidien et l'écoute 
en se penchant sur les camarades merdeux et réalistes
de la fin de mois débutant à partir du cinquième jours, 
à se casser les nerfs
pour le loyer 
et la bouffe nécessaire 
parce que ça bouffe un chômeur
ou un smicard 
ou un précaire de chez bouche trou ....
"vive la sociale" !
 
 
 

 

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En écoutant la voix de Cathy Garcia,

 

impro vocale et sitar électrique...

 

 

Les femmes avaient allumé un feu ; elles avaient nourri les bêtes entravées pour la nuit, encloses dans leur odeur de bêtes.

Elles avaient tiré de l’eau au puits, et nourri les hommes de galettes cuites sous la cendre, puis les enfants, qui avaient ensuite rejoint leurs rêves, sous de lourdes étoffes drapées dans le sombre des tentes amarrées au sable.

Elles avaient gardé auprès d’elle les plus jeunes, accrochés au sein, aux jupes, rivés au cercle obscur et rassurant que leur présence dessinait autour d’elles, et veillèrent sur leur sommeil. Puis elles mangèrent à leur tour, en partageant ce qui restait.

                                     Nomade, celui qui marche son royaume est une dune une steppe une tente & le vent toujours & des troupeaux de chevaux fiévreux enflammés

Ensemble elles chantèrent des airs venus de très loin, venus des profondeurs de leurs corps et des replis les plus secrets de leurs mémoires, et elles les offrirent à la nuit.  

     

 

Ensemble elles dirent ce qu’elles savaient des joies et des peines qui se déposent sur le fil des jours, des peurs qui se dressent à la nuit venue, comme des montagnes qu’il faut gravir chaque matin.

Elles parlèrent de leurs sangs et des enfants qui croissent dans le ventre comme des fleurs de chair, et des musiques qui les apaisent.

 

Nomade, celui qui rêve de caravansérails de feu partagé de thé sucré & amer, de chevelures lourdes, de peaux mates, de vulves impatientes où s’affranchir de toutes les solitudes

 

Elles parlèrent des puits d’où l’on tire l’eau fraîche qui abandonne ses arabesques sur la peau, des puits à l’eau miroir, des puits dont on ne sait le fond.

Elles parlèrent du désir des hommes et de leur désir à elles et de ces cris et de ces tremblements et de leurs corps nus si beaux si fragiles.

 

Nomade, celui qui jette les dés chaque matin caravane de sel en marche & s’arrête là où la nuit descend & la Croix du Sud qui veille

 

Elles parlèrent du monde, du si peu d’amour qu’on y trouve, et de tout l’amour qu’il faut recueillir avec patience pour parvenir à vivre, et des traces que l’on suit sans savoir où elles mènent, des exils chaque jour recommencés, des pierres qui marquent les tombes, des paroles qui guérissent, du vol des nuages, de la course des étoiles et des bêtes qu’il faut tenir en respect.

 

Nomade, celui qui se nourrit de vent de sable & rêve de Samarcande, d’un étalon dressé, dents et sabots, d’une selle incrustée d’ivoire, de bijoux lourds comme des chaînes

 

La nuit apportait avec elle des ombres claires, des silhouettes de silence et de mystère. Salomé et la Reine de Saba surgirent des sables d’ocre et de rose.

Elles dansèrent dans la houle de leurs cheveux et elles burent du vin, car l’heure était à se réjouir. Elles retirèrent leurs bijoux, déposèrent leurs parures et le sable froid frémit sous leurs pieds, et elles se mirent à rire autour du grand feu. 

 

                 Nomade, & des départs & le vent toujours

 

Puis le jour vint faire l’offrande de ses couleurs, comme chaque jour. Les femmes se mirent en marche, et les enfants marchèrent avec elles.

Longtemps on les entendit chanter dans les lointains, sur les chemins qu’elles avaient vus en songe et qui s’effaçaient sous leurs pas, recouverts par le vent.  

 

 

  aquarelles                                                         jlmi

 

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J. Brahms

Intermezzo n°1 op. 117 (1892)

 

Mais non, rassurez vous, ne vais pas vous faire le coup « Aimez-vous Brahms ? », ni vous convier à une aimable causerie sur le dernier des grands romantiques, avec champagne et petits fours à la sortie. Juste partager un peu avec vous, puisque Evazine m’y invite, quelques-unes des musiques que j’aimeuh.
 
J’ai pensé à cet Intermezzo de Brahms qui me trotte dans la tête en ce moment. C’est une musique douce pour l’hiver, trois pages qui installent une atmosphère pas gaie gaie mais consolante et tourmentée à la fois. Poignante, tout compte fait. Tiens, au passage, comme c’est dur de parler de musique, on voit bien que les mots trouvent là leurs limites !
 
Mais bon, Brahms, quand même, il faut que je vous le dise, j’aime franchement bien.
Le personnage a un côté vieil ours solitaire, imprégné de l’odeur de tabac et de bière des tavernes de Hambourg, évoluant dans les brumes de la Mer du Nord, dans ces paysages chers à Gaspard Friedrich.
Mais avant de devenir le gros monsieur ventru et barbu qu’on voit sur ses dernières photos, vénéré reconnu admiré du monde musical européen, installé à Vienne, il fut d’abord un enfant gagnant sa vie et celle de sa famille dès l’âge de treize ans, en jouant du piano bastringue dans les tavernes de Hambourg, justement. Ca crée des habitudes.
Jusqu’au jour où, à l’âge de vingt ans (beau comme pas permis sur les portraits de l’époque), il déboule comme ça sans prévenir chez le couple Schumann installé à Düsseldorf. Robert et Clara, lui compositeur et chef d’orchestre déjà célèbre, elle pianiste virtuose adulée de Paris à St Péterbourg. Il arrive chez eux et se met au piano. Robert hurle dans l’escalier « Viens vite, Clara, un génie ! » (authentique).
 
De ce jour nait une amitié à la vie à la mort, ou indéfectible, comme on dit dans les biographies chics. Lorsque Schumann sera interné à l’asile d’Endenich à la suite de son plongeon manqué dans le Danube (c’est une autre histoire, je vous raconterai ça une autre fois si vous voulez, parce que Schumann, c’est quand vous voulez), il sera l’un des rares à venir le voir, jusqu’à sa mort.
Il restera ensuite l’ami de Clara jusqu’à la mort de celle-ci, qui continuera à donner des concerts et à défendre l’œuvre de son mari jusqu’à un âge canonique, histoire aussi de nourrir les huit enfants que son génial schizophrène de mari lui laissait sur les bras.
Ami, ami, on ne sait pas trop. Les musicologues qui n’ont rien d’autre à faire débattent sans fin sur cette amitié passionnée, exclusive et ambiguë. Mais bon, on n’y était pas, ils choisirent de brûler un jour leur correspondance et c’est leur affaire. Toujours est-il que Brahms n’aura pas d’autre femme dans sa vie, si ce n’est une velléité de fiançailles avec une des filles de Clara, justement. Louche.
 

Intermezzi et autres pièces brèves

Brahms a composé une œuvre extraordinairement dense, multiple, et pas seulement une sonnerie de portable et une musique pour les pubs de voiture, ordinairement connue sous le vocable de « 5ème dans hongroise », avec effets violons sur synthé et gros lyrisme à deux balles.
C’est peu connaître l’animal : innombrables et merveilleuses compositions pour piano, musique de chambre (sonates piano violoncelle à se passer en boucle notamment), concertos (celui pour violon est un des « greatest hits » du genre), symphonies, rhapsodie, chœurs, requiem, lieder… C’est simple, tout sauf l’opéra.
Parmi ses œuvres pour piano, des « grandes formes » sonates, variations, et une multitude de formes brèves, ballades, Intermezzi, fantaisies, Klavierstücke…
C’est parmi ces courtes pièces que se niche l’intermezzo qui nous intéresse. Il est caractéristique du compositeur : sombre et lyrique, d’une grande richesse et d’un grand raffinement harmonique.
 
Un premier thème, très chantant, inspiré d’une ballade écossaise, une berceuse triste. La partie centrale est résolument plus grave et plus agitée, avec une mélodie sombre émergeant d’un halo sonore, puis on assiste à une reprise de thème initial quelque peu varié et enrichi.
C’est d’une grande simplicité. Techniquement un peu complexe, avec des plans sonores différents à mettre en place et des tonnes de bémols et doubles bémols dans la partie centrale, ce qui donne cette sonorité très délicate, un peu irréelle.
C’est pour moi une pièce d’une absolue poésie, dans son dépouillement et son absence d’effets. Il n’y a que la musique. Il lui faut une certaine lenteur, sans lourdeur, sans pathos. Pas si simple !
On en trouve sur You Tube différentes interprétations, avec du bon et du beaucoup moins bon, mais chacun ses goûts.
 
Je vous en propose trois que j’aime bien, pour varier selon les humeurs de jour ou de la nuit, avec des approches sonores et des personnalités d’interprètes très différentes :
 
celle de Catherine Collard, lente, sobre et sensible, d’une grande pureté de son, presque immatérielle, avec un toucher très léger. Attention la prise de son est basse, il faut monter le son presque au max...
 
celle de Gyula Kiss (connaissais pas),un  peu plus rapide, avec un beau toucher et une réelle émotion. Mérite vraiment d’être découvert.  

       

 

et celle d’Hélène Grimaud, très polyphonique, avec de magnifiques passages, beaucoup de relief, de densité,  par moments un peu lourde peut-être. (patientez douze petites secondes avant le départ de la musique ndlr)

 

Voilà, c’était le marché du jour. Et toutes les autres versions sont accessibles d’un clic…
 
Let’s go, friends !  
 
 

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